Les Flamands sont plus heureux que les Wallons

Vivre à plusieurs, être jeune ou retraité, vivre en Flandre : voilà des ingrédients qui participent à nous rendre plus heureux. Philippe Defeyt a écouté battre le cœur de 6000 Belges. On en tire six enseignements.

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1. Heureux mais pas satisfaits

Les Belges se sentent plus heureux qu’ils ne sont réellement satisfaits de leur vie. C’est ce qu’a enregistré Philippe Defeyt qui dirige l’institut pour un développement durable. Par ailleurs, les hommes sont un peu heureux que les femmes sans que la différence soit significative.

2. Travailler, c’est pas le pied

Les niveaux de satisfaction de vie et de bonheur baissent à partir de l’entrée dans la vie active pour remonter à l’âge de la retraite. La satisfaction, et le bonheur en particulier, se tassent cependant chez les 75 ans et plus.

3. L’argent fait le bonheur 

Plus on a d’argent, plus on est satisfait de sa vie mais pas forcément plus heureux. Les niveaux de satisfaction, et de bonheur, augmentent avec les revenus. Point trop n’en faut cependant. Cette hausse s’arrête entre les 4ème et 5ème quintiles (tranches de 20%) pour ce qui est du bonheur.

4. L’isolement ne rend pas heureux

Les personnes qui vivent seules sont moins satisfaites et moins heureuses que les personnes vivant à plusieurs, à partir de deux personnes. Les personnes vivant dans de très grands ménages de 5 personnes ou plus semblent particulièrement heureuses.

5. Les Wallons sont moins heureux

Les Wallons se montrent moins heureux, et surtout moins satisfaits, que les Flamands. Et cela pour un tas de raisons. Altruisme, confiance, revenus plus faibles sont notamment en cause. Les Wallons sont moins enclins que les Flamands et les Bruxellois à faire confiance aux autres. Les Flamands pensent plus que les Wallons et les Bruxellois que des gens essaient de rester corrects plutôt que d’en profiter. Ils sont également plus tentés de penser que les gens cherchent à être utiles plutôt que de (seulement) se préoccuper d’eux-mêmes. Les Wallons ont tendance à faire moins confiance que les Bruxellois et les Flamands dans les politiciens et dans la justice. Les Wallons sont moins satisfaits que les Flamands et que les Bruxellois de la démocratie et du système de santé. Enfin, les Wallons et les Bruxellois jugent leurs revenus en moyenne moins “confortables” que les Flamands.

6. Être de gauche rend-il malheureux?

Philippe Defeyt pointe aussi sans surprise que les Wallons sont plus de gauche que les Flamands. Etre de gauche rend-il malheureux ? C’est une question, comme tous les enseignements de cette enquête qu’il faut manipuler avec précaution. On pourrait aussi dire qu’être malheureux fait qu’on penchera plutôt à gauche. Philippe Defeyt formule deux hypothèses. On pourrait dire qu’être de gauche, c’est ne pas être satisfait du monde tel qu’il est, un sentiment qui n’est partagé qu’avec ceux de l’extrême droite. La droite modérée est plutôt conservatrice, donc satisfaite de l’état des choses. Seconde hypothèse : je ne suis pas satisfait de mon sort, je veux donc changer l’état des choses donc je suis à gauche ou à la droite extrême.

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