Quelles seraient les conséquences d’un Brexit sans accord ?

Hausse des prix des denrées alimentaires, suppressions d'emplois, programmes Erasmus bloqués,... Le rapport "Operation Yellowhammer" prévoit toutes les perturbations qui risquent de se produire dans le cas d'un "no-deal".

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Selon la loi, le Royaume-Uni doit quitter l’Union européenne à l’issue du processus de l’article 50, et ce peu importe qu’un accord de divorce ait été trouvé ou non. Une date de « séparation » est entérinée à la date du 31 octobre 2019. Tous les scénarios sont encore possibles. Mais que se passera-t-il si l’on se retrouve face à un « No Deal » ? À l’approche de cette date de sortie, toutes les options ont été envisagées, comme le présente l’Opération Yellowhammer, un document rédigé le 2 août dernier. Ce rapport présente les conséquences d’une « sortie en force », tant pour les Britanniques que pour le reste de l’Europe. Et le constat n’est pas franchement réjouissant.

Les autorités britanniques s’attendent à des problèmes à court terme dans douze domaines clés, notamment l’eau et l’alimentation, la santé et les transports. Mais aussi au niveau économique. Sans accord, le marché UE – qui représente tout de même 80 % des exportations britanniques – va se fermer. Certaines productions industrielles sont directement dépendantes de l’UE en termes de fournitures aussi bien de pièces que même de matières premières. Des relocalisations ou des fermetures pures et simples sont donc à envisager.

Droits des citoyens européens

La liberté de circulation telle qu’elle existe actuellement prendra fin le 31 octobre, lorsque le Royaume-Uni quittera l’UE. Ce qui implique de nombreux embarras, notamment au niveau des frontières. Pour les chauffeurs routiers qui empruntent le tunnel sous la Manche par exemple, il faudra s’attendre à de (très) longues files puisque le trafic journalier devrait diminuer de 40% à 60%. Il faudra attendre au moins un trimestre pour que la situation s’améliore. Les trois millions de ressortissants qui habitent au Royaume-Uni vont également être largement impactés, ce malgré les promesses du Premier ministre Boris Johnson. L’UE est formelle sur ce point : dans un scénario de non-accord, les droits des citoyens reviendraient à chaque nation dont ils sont originaires.

Dans le cas d’une sortie sans accord, la fin des programmes universitaires européens comme l’Erasmus aura des conséquences sur le fonctionnement des universités anglaises et européennes. Pour les étudiants, à moins de disposer des fonds nécessaires, il ne sera plus possible pour les Européens de suivre un cursus universitaire britannique. Cela vaut tant pour les étudiants britanniques qui envisagent d’aller dans les pays de l’UE que pour les ressortissants de l’UE qui espèrent venir au Royaume-Uni.

Hausse de prix des produits frais

Le rapport souligne également, entre autres, la vulnérabilité particulière de l’offre de médicaments et la disponibilité décroissante de produits frais. Selon ce rapport, ces facteurs ne conduiront pas à des pénuries alimentaires globales « mais réduiraient la disponibilité et le choix des produits et augmenteraient les prix de ces derniers, ce qui pourrait avoir une incidence sur les groupes vulnérables ». Il y aura, de fait, une augmentation du marché noir. Les prix de l’énergie risquent également de bondir, comme ceux de l’électricité, qui seront considérablement plus élevés dans un premier temps.

Le document met également en garde contre des affrontements potentiels si des navires de pêche étrangers pénètrent dans les eaux territoriales britanniques le lendemain du départ du Royaume-Uni et indique que les difficultés économiques pourraient être « exacerbées » par les inondations ou une pandémie de grippe cet hiver.

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