« L’avocat des Diables » : séance plénière des matchs à Saint-Marin et en Ecosse

À l'issue de chaque rencontre qualificative pour l'Euro 2020, Moustique place les Diables Rouges sur le banc des accusés. Que retenir du double 0-4 glané à Saint-Marin et en Ecosse ? La séance est ouverte.

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Le réquisitoire

Lors des qualifications pour un grand tournoi, tout le monde boude. Soit une mauvaise position au classement FIFA nous balance dans un groupe dangereux, avec une, voire deux, grosses nations et on panique à l’idée de louper la qualif. Soit on trône en tête de ce fameux classement FIFA, on tombe dans un groupe de peintres et on râle parce qu’on a peur de ne pas être prêt une fois que les hostilités commencent vraiment. Pour notre Belgique, qui s’est découvert il y a une génération une facilité incroyable à se qualifier pour les Euros et Coupes du monde, c’est la seconde option qui prévaut. Et là, il n’y a qu’une chose à faire, assurer le spectacle. On attendait donc un festival, un record, un massacre, à Saint-Marin. Mais à l’image de ce que nous disions déjà en juin, la Belgique a été trop gentille. Le 0-4 acquis sur le terrain de l’équipe la plus faible du globe fait presque office de cadeau offert au micro-Etat.

Pourtant des gars comme Origi ou Januzaj y avaient une belle carte à jouer. Mais poussifs et jamais dans le tempo, ils ont vu leur crédit fondre au rythme de leurs mauvais choix. Les autres n’ont pas été meilleurs mais n’avaient pas grand-chose à perdre dans un match gagné d’avance. Jouer en marchant suffisait à ramener trois points faciles. Mais cela a aussi énervé un public de plus en plus exigeant. Il fallait donc absolument montrer autre chose face « à la plus mauvaise génération écossaise depuis les années soixante » (dixit Rodrigo) que l’on avait baladée à Bruxelles en juin (3-0).

©Belga

La défense

Après le semblant de contre-perf’ de vendredi, le match d’hier en Ecosse a rassuré. Les Diables se devaient de montrer qu’ils avaient encore faim et la mission a été accomplie en une petite demi-heure, le temps pour Lukaku, Vermaelen et Alderweireld d’assommer des Ecossais qui n’ont quasi pas vu le ballon. En l’absence de Kompany, Witsel et des frères Hazard, certains joueurs ont prouvé que l’on pouvait compter sur eux. On pense notamment à Youri Tielemans, impressionnant de maitrise et d’aisance. Sa capacité à se retourner en un contrôle a fait extrêmement mal aux joueurs écossais, participant à les prendre de vitesse sans même accélérer.

Comme à chaque fois qu’il enfile la vareuse nationale, Nacer Chadli a lui aussi été irréprochable. Très à l’aise sur son coté gauche, il a souvent servi de rampe de lancement aux attaques belges. Constamment en soutien des attaquants et disponible pour Vertonghen, il a enchainé les déviations en un temps vers Mertens et De Bruyne.

En parlant de De Bruyne, comment passer à coté de sa prestation 18 carats ? Au-delà des stats (trois assists, un but) il a dicté le rythme du match. Piqué au vif après son non-match face à Saint-Marin, il a fait honneur au brassard qui ornait son bras. Passes tranchantes, centres au cordeau, caviars devant le but, petit pont… KDB a tout fait. Même replacé ses équipiers entre les actions. Quand il joue comme cela De Bruyne est le meilleur « milieu off » du monde.

Verdict

Laissant le match de Saint-Marin de côté, de par la faiblesse de l’adversaire et ne voulant pas trop tirer sur des joueurs qui nous rendront encore de fiers services dans les années à venir, on peut dégager quelques enseignements de ce quatrième rassemblement pré-Euro 2020. D’abord, le jeu produit depuis le Mondial russe reste cohérent et ce quels que soient les joueurs sur le terrain. Assumer une telle possession de balle sans un contrôleur comme Witsel et un cadre comme Hazard rassure quant au niveau de nos remplaçants. On se réjouit également d’avoir claqué deux buts sur phases arrêtées et de n’y avoir concédé aucune occasion face à une équipe qui ne jure que par cela. Si cela relève probablement plus de l’anecdote que du réel travail à l’entrainement, parvenir à pérenniser le danger dans les airs rajouterait une fameuse corde à notre arc. Rappelons que notre dernière Coupe du monde s’est jouée sur un corner.

La qualification sera officiellement assurée en octobre, puisqu’un point suffit à nous envoyer à l’Euro et on refuse d’imaginer une défaite face à Saint-Marin à Bruxelles. Au contraire, on ose espérer que les Diables auront soif de revanche et voudront signer la plus grande victoire de l’histoire de notre football. Pour cela, il faudra faire mieux que le 10-1 « arraché » en 2001 face à… Saint-Marin.

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