Alors, ça donne quoi LN24?

On a regardé la soirée de lancement de LN24 et le bilan est ponctué de "trop", de "stress" et d'"ambition". On vous raconte.

ln24

« Nous allons présenter la chaîne, son histoire, ses coulisses, sa grille. Et puis la priorité du projet LN24, c’est le contenu, nous allons donc débattre d’actualité et d’information en 2019 : quels en sont les défis et les dangers ». Un vaste programme que nous propose LN24 pour sa soirée de lancement, comme l’annonce Pierre Fagnart, l’un des visages de cette nouvelle chaîne. Et de l’envie, il y en a, elle est palpable. De l’ambition aussi, pour ce projet initié par Martin Buxant (ancien journaliste politique de l’Echo), Boris Portnoy (producteur de télévision) et Joan Condijts (ancien rédacteur en chef de l’Echo), qui ont lancé les hostilités en direct du Parlement européen à 20h ce 2 septembre. Tout au long de la soirée, les présentateurs et les invités le répètent, le martèlent à qui veut bien l’entendre, « c’est un moment historique » parce que « LN24, c’est la première chaîne d’info en continu de Belgique ». C’est à la fois un sacré poids à porter, mais aussi un beau défi pour ceux qui veulent aller titiller RTL-TVI et la RTBF.

Très vite, une capsule vient expliquer les fondements de ce projet, les studios, la rédaction et la manière dont ils vont fonctionner, notamment en filmant majoritairement les séquences à l’iPhone. C’est vivant et parfaitement orchestré. Le tout pour nous plonger dans un grand plateau, où sont installés Didier Reynders, l’écrivain Eric-Emmanuel Schmitt et la CEO de Solvay, Ilham Kadri. Trois invités qui représentent les trois pôles que LN24 veut décliner, soit la politique, la culture et l’économie. Catarina Letor et Maxime Binet, monsieur « je coupe la parole », sont aux commandes de cette « grande soirée de lancement ». C’est également eux qui incarneront principalement les programmes de la chaîne. Le stress est palpable et fait parfois perdre le fil, mais à force de répéter comme une béquille « qu’on vit un moment historique », les présentateurs ont tendance à crisper leur audience. Alors oui, le lancement d’une chaîne, c’est un événement. Pour voir si cela changera la face de l’information, il faudra encore s’armer de patience.

La question des nouveaux chroniqueurs, détachés du monde politique ou « fraîchement retraités » comme le pointe Joan Condijts, est rapidement mise sur la table. En effet, les ex-ministres fédéraux Laurette Onkelinx (PS) et Louis Michel (MR) vont apparaître sur LN24 pour occuper un rôle de commentateurs politiques. Un choix qui avait été vivement critiqué sur les réseaux sociaux à l’époque de cette annonce. Martin Buxant le motive. « On fait revenir à l’avant scène deux politiques très connus. Ils vont faire partager leur expérience, leur histoire, leurs anecdotes. On a fait quelques émission pilotes, ce sont des machines à anecdotes. C’est quelque chose qu’on n’a pas l’habitude de voir en Belgique, mais ça se fait souvent en France, comme avec Roselyne Bachelot« .

Cette dernière est également au rang des invités, assise face à Patrick Poivre d’Arvor. Ils abordent le rôle des chaînes d’info en continu, l’évolution de la place des présentateurs et l’incarnation nécessaire de l’information. Leur rôle sera de faire des chroniques nommées « Vu de France » tout au long de l’année. On apprend également que cette nouvelle chaîne se donne pour mission de débusquer les fake news et de nourrir le téléspectateur avec un regard « différent ». Pour l’instant, il semble pourtant formaté. Le bilan ? La soirée est assez épuisante, à force de vouloir créer l’événement et de balancer du contenu, LN24 a peut-être un peu trop joué dans la surenchère. La suite au prochain épisode, en continu.

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