Quand les écoles se mettent au vert: tour du monde des initiatives scolaires pour le climat

En ce lundi de septembre, impossible de ne pas parler de la rentrée. À cette occasion, on a parcouru (virtuellement) le monde à la recherche des belles actions pour la planète appliquées dans plusieurs écoles.

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Ramener les restes en Indiana

Depuis avril dernier, la Elkhart School, une école américaine située dans l’Indiana, teste un concept anti-gaspi: au lieu d’être jeté, tout ce qui n’est pas consommé à la cantine scolaire est reconditionné dans des plats à emporter que les enfants peuvent ramener chez eux le vendredi. Les enfants défavorisés n’ayant pas toujours accès à un « vrai » repas le week-end sont particulièrement visés par cette initiative. Ce système est le fruit d’une collaboration entre l’école et l’association Cultivate Food Rescue. “Cela a un énorme impact”, explique Melissa Ramey, membre de la Chamber Leadership Academy ayant aidé à mettre le programme sur pied. “Je suis très fière de ce projet. C’était horrible d’entendre que certains enfants rentraient chez eux le week-end et qu’ils n’avaient rien à manger ». Dans le monde, on estime qu’1,3 milliard de tonnes d’aliments sont gaspillées par an, soit 41,2 tonnes jetées chaque seconde (!).

Apprendre en forêt au Danemark

© Michael Podger / Unsplash

On le sait, le système éducationnel scandinave est plébiscité partout, au point qu’on se demande encore pourquoi on ne l’imite pas au plus vite. Au Danemark, environ 20 % des classes maternelles sont installées en pleine nature. On les appelle les « skovbørnehaver », littéralement les « jardins d’enfants de forêt ». « Ici, on développe l’imagination et cela fait des élèves plus indépendants, capables de travailler tout seuls », explique à Brut Elsebeth Kayser, institutrice dans une école en forêt. Au programme scolaire ? Cabanes dans les arbres, travaux manuels, découverte de la nature, et cela peu importe la météo. Le concept est si bénéfique pour la santé, la sociabilité, la concentration et l’apprentissage de la nature qu’il a déjà été exporté en Allemagne, en Australie et en Suisse.

On note aussi que le système éducationnel est gratuit dans ce pays, tout comme en Suède où les élèves ne paient ni le matériel scolaire, ni la cantine, ni les voyages scolaires. Les choses changent après 16 ans, l’âge où l’école n’est plus obligatoire. Cependant, la plupart des établissements scolaires suédois continent à offrir la cantine au-delà de cet âge. En Finlande, où le système d’éducation est également 100% financé par l’État,  93% des élèves réussissent leurs études secondaires et 66% des élèvent entament des études supérieures (ce taux est le plus élevé en Europe).

Objectif zéro déchet à Bruxelles

En cette rentrée scolaire, 29 écoles bruxelloises lancent un projet « zéro déchet ». « La rentrée scolaire est l’occasion d’agir pour l’environnement et de montrer aux jeunes qu’il est possible de changer nos habitudes de consommation », explique Bruxelles Environnement. Les enseignants, les enfants et même les parents seront invités à trier et à récupérer autant que possible, au lieu d’acheter du neuf. Pour les guider, Bruxelles Environnement met à disposition sur son site deux brochures intitulées « La liste de matériel scolaire : un premier pas vers les Zéro Déchet », un exemple de liste zéro-déchet et le « Pense Pas-bête Zéro Déchet ». L’administration de l’environnement et de l’énergie en Région de Bruxelles-Capitale conseille notamment d’aller dans les magasins de seconde-main pour les achats scolaires, d’opter pour des équipements non toxiques et respectueux de l’environnement et de mettre les collations et pique-niques dans des récipients réutilisables.

Jardiner à Berlin

© Kelly Sikkema / Unsplash

Depuis des années, les étudiants de Berlin apprennent quelques gestes simples et respectueux de l’environnement, du jardinage urbain à l’utilisation sécuritaire des transports en commun en passant par la construction de ruches et de nichoirs à oiseaux.

Parmi ces écoles surnommées les « Berlin Climate Schools », la Gustav Falke School fait office d’exemple. En 2009, elle remporte son premier prix en tant qu’« école climatique » après avoir participé à un concours organisé par le gouvernement berlinois afin d’encourager les écoles à sensibiliser les élèves au changement climatique. Depuis, la Gustave Falke School a gagné cinq fois ce prix. Dans le jardin de cette école primaire, on trouve une maison de hérisson, un étang garni de nénuphars (que les élèves utilisent pour apprendre le cycle hydrologique) et des plantes et légumes plantés par les enfants. L’école a également instauré au programme scolaire des modules d’enseignement sur le changement climatique et la durabilité. Les écoliers y apprennent notamment à comment économiser de l’énergie en utilisant des appareils ménagers. « Les élèves sont comme des pionniers. Ils ramènent leurs leçons à la maison pour les mettre en pratique », expliquait en 2016 Sabine Gryczke, la directrice de l’école.

Des éco-délégués en France

En plus de la traditionnelle élection de délégués, la France s’apprête à élire 250.000 éco-délégués (un par classe). La fonction de ce nouveau rôle? « Porter en leur nom les enjeux du réchauffement climatique ou de la biodiversité ». Cette mesure (décriée par plusieurs experts et écoles qui estiment qu’elle n’est absolument pas suffisante) figure parmi les huit idées de l’Éducation nationale pour placer la planète un peu plus au centre des salles de classe. Le ministre, Jean-Michel Blanquer invite les écoles à construire des potagers « autant que possible » dans les écoles, à planter des arbres et à créer des ruches… Quant aux programmes scolaires, ils accordent à l’enseignement au développement durable une place de plus en plus importante.

Réduire le plastique sur les Îles Salomon

© Pexels

Depuis dix semaines, cinq écoles d’Honiara (la capitale des Îles Salomon) essaient de remplacer les plastiques à usage unique dans leurs cantines. Les écoles Koloale, Florence Young et Emmaus font désormais appel à une entreprise utilisant des contenants réutilisables. Les étudiants qui rendent les récipients après avoir terminé leur déjeuner sont remboursés d’une petite partie de leur repas.

De leur côté, les écoles secondaires Saint Nicholas College et Honiara Senior High School testent un programme de réduction grâce auquel les étudiants paient un peu moins cher s’ils apportent un contenant réutilisable à l’école. »Nous espérons qu’au cours des dix prochaines semaines, cela contribuera à modifier les comportements des élèves, en particulier en ce qui concerne les plastiques « , a déclaré James Lengi, directeur du Saint Nicholas College. « Cela finira par transformer la façon dont ils se comportent chez eux, en ville et, espérons-le, à l’avenir, cela fera une différence dans les efforts du gouvernement, du Programme des Nations Unies pour le développement et des ONG qui défendent l’environnement ».

D’après le conseil municipal d’Honiara, 80 tonnes de déchets sont produites chaque jour dans la capitale et 22,7 tonnes ne sont pas gérées. Le plastique représente environ 21 % des déchets quotidiens de la ville, d’après les estimations d’un rapport de 2011.

Pour en savoir plus sur les initiatives écologiques des écoles belges et d’ailleurs: 

=> Le label « eco-schools » de Bruxelles Environnement.
=> Le label français « eco-école ».
=> Le label international « eco-schools ».

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