Bruxelles sans voiture : comment la taxe kilométrique va s’appliquer

La taxe kilométrique tant redoutée va faire son entrée en Région bruxelloise. Signe que la capitale se montre de plus en plus hostile à l’égard de la voiture.

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L’annonce de la nouvelle ministre de la mobilité bruxelloise Elke Van den Brandt (Groen) fait grand bruit. Une taxe proportionnée à l’usage et à la nocivité environnementale de tous types de véhicules circulant en Région de Bruxelles-Capitale va être instaurée d’ici cinq ans. En soi, rien de nouveau sous le soleil, tout cela fait partie du nouveau plan de mobilité bruxellois Good Move prévu à l’horizon 2030. Mais cela implique que tous les navetteurs flamands et wallons y seront également assujettis, eux qui paieront en sus la taxe de circulation annuelle toujours en vigueur dans leur région respective.

Quatre arguments sont avancés par la ministre à nos confrères de L’Echo pour expliquer la soudaineté d’une telle annonce : la facture environnementale que les voitures alourdissent, le tort économique induites par les congestions, l’impact des émanations issues des pots d’échappement sur la santé des plus jeunes, et enfin le manque de sécurité et le stress résultant de la coexistence compliquée entre les différents usagers de la voirie. Autant de raisons qui sont en grande partie le fait du recours massif à la voiture par les Belges. Une diminution de 20% des navetteurs affluant vers Bruxelles serait suffisante pour régler le problème des engorgements selon la ministre.

Van den Brandt avance les nombreuses alternatives qui s’offrent aux automobilistes qui souhaiteraient délaisser leur véhicule et dans lesquelles la Région assure vouloir investir. Vélos, trains, trams, bus, à quoi s’ajoutent les moyens de transport partagés comme les trottinettes, scooters et autres voitures électriques. L’objectif avoué est de renvoyer la voiture vers la périphérie et de réserver le centre-ville à la mobilité douce. Les tractations pour mettre en place un système intégrant dans un même package différents moyens de transport suivent leur cours. Muni d’un simple billet, un utilisateur pourrait s’orienter vers le moyen de déplacement de son choix, transports publics et autres moyens confondus.

Haro sur les voitures

Les mesures anti-voitures ne s’arrêtent pas aux taxes. Le nombre de places de parking disponibles va diminuer de 65.000 d’ici 2030. En lieu et place, les navetteurs vont pouvoir se diriger vers les parkings de dissuasion, aux abords de la capitale. Ces lieux de stationnement extra-muros sont de plus en plus nombreux : de 2700 à l’heure actuelle, l’objectif établi par un plan datant de 2014 serait de porter le total à 10.000 places.

Pour ce qui est des modalités de cette taxe kilométrique, le flou de règne encore. “Nous utiliserons les mêmes caméras que celles en usage dans la zone basse émission, mais nous n’avons pas encore mis en place de plan”, précise Pieterjan Desmet, porte-parole de la ministre bruxelloise. “Cette taxation intelligente a été privilégiée à un système de péage pour éviter que les voitures ne s’accumulent aux portiques et fassent empirer les embouteillages, surtout aux heures de pointe.” Encore faut-il que tout cela se mette en branle. La mobilité n’est paradoxalement pas la matière où l’on avance le plus, mic-mac institutionnel oblige.

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