#PrayforAmazonia, quand les médias faillent à leur mission

Depuis 16 jours, la forêt amazonienne brûle. Sur les réseaux sociaux, les citoyens se plaignent de ne pas être au courant. Pour eux, un seul coupable : les médias.

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Une nouvelle fois, les réseaux sociaux démontrent leur puissance et leur portée. Plus nécessaire de prouver que ceux-ci sont devenus l’un des meilleurs moyens de s’informer de ce qu’il se passe à l’autre bout du monde. Depuis plusieurs heures, c’est le hashtag #PrayforAmazonia qui inonde Twitter, Instagram et Facebook. Les internautes, photos à l’appui, rappellent que la forêt amazonienne est en train de brûler et ce, depuis deux semaines déjà. Tous rappellent également que s’ils ne se révoltent que maintenant, c’est parce qu’ils ne savaient pas. Et s’ils ne savaient pas, c’est parce que les médias n’ont pas correctement fait leur boulot et ne les ont pas tenus informés de la situation.

Les citoyen.ne.s n’ont pas tort. Un rapide détour sur le moteur de recherches le plus utilisé du monde le prouve. Les rares articles qui mentionnent l’incendie qui ravage actuellement « le poumon de la planète » ont été écrits il y a quelques heures seulement. Ces médias sont français (Le Figaro, France Soir) ou anglais (Blasting News). En Belgique, rien à l’horizon (chez Moustique non plus, on ne va pas se mentir). Mais tous risquent de s’y atteler maintenant que la colère des citoyens gronde.

Faute avouée ?

Pour pallier notre manquement, voici donc ce qu’il se passe. Depuis le mois de juillet, la forêt amazonienne est en proie aux flammes. Les images sont aussi spectaculaires que tristes. Les violents incendies détruisent tout sur leur passage, surtout du côté brésilien. Lundi 19 août, le ciel de Sao Paulo était noirci par la fumée. Santiago Gasso, chercheur de la Nasa, expliquait que ces violents incendies avaient généré une couche de fumée couvrant une superficie d’1,2 million de km². Celle-ci expliquerait la couleur de ciel de la ville lundi. « La fumée ne provenait pas des incendies de l’État de Sao Paulo, mais de feux de forêts très denses et très étendus qui sont à l’œuvre depuis plusieurs jours dans l’État de Rondonia et en Bolivie », a déclaré une météorologue au quotidien brésilien O Globo.

Cette catastrophe est, en grande partie, due aux sécheresses qui touchent le monde depuis le début de l’été. Mais aussi à la déforestation accélérée orchestrée par le nouveau président brésilien, le climato-sceptique Jair Bolsonaro. Pourtant, celle qu’on surnomme « le poumon vert de la planète » absorbe à elle seule 14% du CO2 atmosphérique mondial. La forêt amazonienne est le seul écosystème à être capable de le faire. Jusqu’à présent, des centaines d’hectares sont partis en fumée. Seules d’importantes pluies pendant plusieurs jours pourraient calmer les flammes. Ce qui n’est, pour le moment, pas au programme de la météo.

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