Trottinettes électriques: où est-ce que ça freine ?

À certains égards, la trottinette est la panacée pour résoudre les problèmes de mobilité qui sclérosent la Belgique. Mais quelles en sont les limites ?

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Facile à prendre en main, pratique lors des embouteillages, accessible à tout moment… la trottinette électrique en libre accès – ou free floating – s’est frayée une place dans la mobilité douce. Elle a su trouver un public auprès de ceux qui souhaitent se rendre rapidement d’un point A à un point B, sans avoir à se soucier de l’endroit où ils ont laissé leur destrier. Mais leur emploi n’est pas sans impact environnemental.

Les études sur l’empreinte écologique des trottinettes en free floating ont pullulé ces derniers temps. Bien que les conclusions varient fortement quant à l’ampleur de la nocivité de la trottinette électrique, la majorité des études s’accorde à pointer du doigt le préjudice environnemental que celle-ci induit. Certes, sur une même distance, un trajet en trottinette est 97% moins polluant qu’un trajet en voiture. Mais des études américaines ont démontré que le recours à la trottinette en free floating s’avère aussi polluant que celui à la voiture.

>> À découvrir également dans notre dossier nouvelle mobilité: « Trottinettes électriques: quels risques présentent-elles ? » 

Un modèle balbutiant

Cela s’explique par les générateurs très énergivores qui viennent alimenter les trottinettes chaque nuit, les déplacements des véhicules chargés de récupérer les trottinettes et certains composants de celles-ci, comme les batteries en lithium peu eco-friendly. Du côté de Lime, principal opérateur en Belgique, on se défend de polluer excessivement. “Pour obtenir la licence nécessaire à notre implantation à Bruxelles, nous avons dû accepter d’alimenter nos trottinettes entièrement par énergie renouvelable. Nous optimisons également nos déplacements pour limiter nos émissions. Et pour ce qui est de notre matériel, nous faisons en sorte que toutes les pièces soient récupérées ou recyclées”, assure Romain Dekeyser, directeur des opérations de la start-up californienne. Les études susmentionnées se sont effectivement concentrées sur le marché américain, bien moins regardant quant à la facture environnementale, et ne sont donc pas entièrement représentatives de la situation belge.

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Par contre, les prototypes de trottinettes sont les mêmes partout en Occident. Ce qui implique qu’ils sont dotés des mêmes caractéristiques et défauts. Le modèle des trottinettes disponibles en libre accès n’a que deux ans et en est encore à ses balbutiements. La ruée vers l’or qui a cours en ce moment explique que les études de marché aient estimé la valeur du secteur à 50 milliards d’ici 2025. Les start-ups ont voulu directement marquer les esprits, sans concevoir en amont de modèle réellement à l’épreuve de la ville. Et, comme indiqué précédemment, l’équipement des trottinettes n’est pas des plus écologique. “Le principal souci, c’est l’infrastructure défaillante. Les dégâts sont davantage causés par les défauts des routes que par le vandalisme”, déplore Romain Dekeyser. “60% de nos services de réparation, concernent les roues et leur remplacement”, corrobore Jérôme Namèche, gérant de Billy Kite, magasin vendant des trottinettes électriques.Voilà la version officielle. RTL a relayé la version d’un juicer, laissant entrevoir une image bien moins reluisante de la situation.

Terrain hostile

Selon une étude de marché, il faudrait aux trottinettes une durabilité de quatre mois pour rentabiliser les coûts avancés par les opérateurs, alors qu’elles n’ont encore qu’une durée de vie moyenne de trois mois. Et à Bruxelles comme ailleurs en Belgique, le terrain ne se prête pas toujours à la pratique de la trottinette. “Les centres-villes pavés ne sont pas adaptés. Et il y a en Belgique encore beaucoup trop de nids-de-poule. Il ne faut pas non plus oublier que les utilisateurs de trottinettes y sont plus exposés que les cyclistes”, rappelle Benoît Godart, porte-parole de Vias, l’institut belge pour la sécurité routière.

Pour remédier à ces problèmes, les villes où circulent les trottinettes ont dès lors prévu de se mettre au diapason et de rénover les routes. “Nous allons mettre l’accent sur l’infrastructure cycliste, ce qui sera par ricochet bénéfique pour les trottinettes et les piétons”, prévoit Arnaud Lombardo, échevin de la mobilité de la ville de Liège. En attendant que le tram voie le jour, les Liégeois peuvent donc se rabattre vers les trottinettes. Partout en Belgique, les actions encourageant la mobilité douce se mettent en branle. Et la trottinette fait partie intégrante des plans.

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