Le champion du monde de Fortnite victime de swatting

Le tout jeune Bugha a vu la police débarquer chez lui après un canular téléphonique signalant qu'il venait de tuer son père.

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La célébrité a ses inconvénients, même lorsqu’elle est virtuelle. Alors qu’il atteignait la gloire (et remplissait son compte en banque) en remportant les premiers championnats du monde de Fortnite à la fin du mois de juillet, le jeune Bugha peut déjà le confirmer. Il y a quelques jours, Kyle Geiersdorf de son vrai nom, faisait son entrée sur la longue liste des victimes de swatting. Avant d’expliquer en quoi consiste la pratique, rappelons le contexte dans lequel évoluent les streamers. Ces sportifs des temps modernes se filment, jouant à des jeux vidéo, et leur performance est visionnée en direct par des millions d’internautes aux quatre coins du monde sur des plateformes telles que Twitch.

Une proximité toute relative avec le public qui suffit néanmoins à donner de mauvaises idées à certains imbéciles. Depuis l’émergence et la starification de ces streamers, le swatting s’est imposé dans leur quotidien. Concrètement, il s’agit d’une pratique idiote et dangereuse venue des États-Unis qui consiste à récupérer l’adresse d’un streamer et d’appeler la police pour signaler que quelque chose de grave est occupé à s’y produire. Attaque, prise d’otage, préparation d’attentat, tous les prétextes sont bons pour y envoyer le SWAT, soit l’unité spéciale d’intervention de la police américaine.

Bugha, 16 ans, a donc vu la police encercler sa maison et le soupçonner de menacer sa mère après avoir tué son père. Rien que ça. « Internet est fou » lâchera-t-il, désabusé, une fois hors de cause.

Le swatting tue

L’idée n’est pas neuve et ce genre de canulars ne se cantonnent aujourd’hui plus au gaming, mais il y trouve un terreau des plus fertiles. Le joueur diffusant sa perf en live, l’arrivée de la police est donc vécue en direct par les internautes qui assistent à un évènement spectaculaire et totalement imprévu. Le swatting est souvent le résultat d’une vengeance entre gamers ou d’un fan envers un joueur rival.

L’histoire ne se termine pas toujours aussi « bien » que pour Bugha. En 2017, un swatting a dramatiquement mal tourné aux États-Unis. Totalement perdu au milieu de ce qui lui arrivait, un homme avait provoqué un mouvement de panique et avait été touché mortellement par une balle perdue. Le responsable du canular avait écopé de 20 ans de prison. Ci-dessous, un exemple de swatting dont a été victime le gamer français Bibix en 2015.

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