La Flandre est l’une des parties du monde la plus menacée par la pénurie d’eau

La Belgique fait une nouvelle fois office de mauvais élève climatique. Si rien n'évolue, une large partie du pays devrait bientôt manquer d'eau.

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L’été 2019 est, et continuera d’être, l’un des plus chauds que notre pays n’ait jamais connu. Impossible d’être passé à côté des nombreux articles de presse relatant les records de chaleur historiques atteints en juillet et en août. Tous s’accordent également pour dire que ces températures sont en passe de devenir la norme et qu’il faudra s’y habituer. Conséquences du réchauffement climatique qu’on ne présente plus, ces chaleurs entraînent sécheresses, baisses des productions agricoles et pénuries. C’est notamment le cas de l’eau qui menace de cesser de jaillir de nos robinets.

Le 6 août, l’institut américain World Resources Institute établissait un classement des pays les plus menacés par une pénurie d’eau. Les résultats inquiètent puisque un quart de la population mondiale risque de se retrouver à sec. Dix-sept pays – principalement situés au Moyen-Orient et au nord de l’Afrique – sont d’ailleurs en situation de pénurie hydrique grave et s’approchent dangereusement du « jour zéro », celui où l’eau potable deviendra introuvable. Dans ces pays-là, « l’agriculture, l’industrie et les municipalités absorbent 80% de la surface disponible des eaux souterraines lors d’une année moyenne », détaille le rapport.

Chez nous, le constat est d’autant plus inquiétant. Sur 164 pays, la Belgique se hisse à la 23e place de ce classement alarmant. Soit dans les premiers pays européens à risquer la pénurie. Depuis les années 60, notre consommation d’eau n’a eu de cesse d’augmenter. La situation dans le nord du pays est d’autant plus alarmante. Une grande partie de la Flandre est menacée de « pénurie hydrique extrême ». Pire, il s’agit de la seule région d’Europe occidentale à figurer dans cette situation actuellement. D’autres pays davantage au sud du continent (l’Italie ou le sud de l’Espagne et du Portugal) sont également classés dans cette catégorie.

©World Resources Institute

Comment l’explique-t-on ?

Tout d’abord parce que « la Flandre est l’une des régions les plus densément peuplées et urbanisées d’Europe« , comme le rappelle la VRT. Aussi, une large partie de notre eau est utilisée pour alimenter l’agriculture et l’industrie. Enfin, plus l’espérance de vie croît – ce qui est le cas – plus la population s’agrandit et a besoin d’eau.

Heureusement, certains comportements et mécanismes peuvent être mis en place afin que notre consommation soit davantage responsable. Cela passe par exemple par des infrastructures capables de recycler l’eau ou par des collectes ou de la récupération et transformation d’eau de pluie. Interrogé par la VRT, le professeur en gestion hydraulique à la KUL, Patrick Willems, conseille de laisser l’eau de pluie infiltrer le sol et de réduire le drainage agricole. Enfin, comme pour tout ce qui concerne l’environnement, la consommation de chaque habitant doit être davantage réfléchie afin d’éviter le gaspillage intempestif. Pour ça, des réflexes quotidiens et faciles à adopter sont préconisés: limiter les bains, ne pas laisser couler le robinet inutilement, etc.

Andrew Steer, PDG de la World Resources Institute rappelait lors de la sortie du rapport que « la pénurie en eau est la plus grande crise, dont personne ne parle. Ses conséquences prennent la forme d’insécurité alimentaire, de conflit, de migration, et d’instabilité financière« . Le réchauffement climatique ne régressant pas, les températures n’auront de cesse d’augmenter chaque année. Même en hiver. D’ici 2040, plus d’une trentaine de pays devraient être confrontés à une pénurie hydrique grave.

©Belga Image

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