Sport : dans quels domaines les femmes sont-elles supérieures aux hommes ?

Rares sont les épreuves sportives où les femmes prennent le dessus sur la gent masculine. Mais Fiona Kotlinger a démontré que c’est loin d’être une fatalité.

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Fiona Kolbinger a réalisé un authentique exploit en s’imposant au bout des 2900 km de la Transcontinental Race (TCR) reliant Burgas, en Bulgarie, à Brest. Cette épreuve mixte est l’une des plus difficiles que puisse proposer l’ultracyclisme, le cyclisme de l’extrême. Après la Bulgarie, l’Allemande de 24 ans, chercheuse en oncologie pédiatrique, a transité par la Serbie, la Croatie, la Slovénie, l’Autriche, l’Italie et la Suisse – ce qui implique de se coltiner les Alpes – avant de ponctuer son épopée en traversant la France de part en part, pour une durée totale de 10 jours et 2 heures.

Pour rendre les choses plus compliquées qu’elles ne le sont déjà, le règlement de course interdit aux coureurs de bénéficier d’aide extérieure, aussi bien au niveau de leur alimentation que de l’entretien de leur matériel. Difficile aussi de tricher, les coureurs sont dotés tout au long de leur périple d’un transpondeur et doivent passer par des checkpoints pour baliser leur parcours.

La part du lion

Aussi exceptionnelle soit-elle, la performance de Kolbinger, qui a devancé les 266 autres concurrents – dont 255 étaient des hommes – ayant pris le départ de la TCR, pourrait trouver une explication physiologique parfaitement naturelle. Remontons bien avant qu’Ève ne sorte des côtes d’Adam… Il y a quelques centaines de milliers d’années, la femme, dont les aptitudes physiques n’étaient alors pas inférieures, devait se cantonner à la protection du foyer. L’homme pouvait, lui, s’en aller vaquer à ses occupations, soit la chasse et l’exploration. De la sorte, le mâle, qui pouvait s’arroger la part du lion, a pu bien plus s’endurcir et grandir que la cheffe du logis, qui a elle développé davantage de graisse pour pouvoir subvenir aux besoins de ses rejetons.

Même si elle a été entre-temps quelque peu adaptée, cette disposition patriarcale a toujours partiellement cours à l’heure actuelle, à tel point que les femmes n’ont pu concourir au marathon des JO qu’à partir de 1984. Le retard physique des femmes n’est donc aucunement le fait d’une physiologie supposément plus molle, mais bien le résultat de millénaires d’assimilation par la femme de son rôle unidimensionnel de mère.

Toutefois, cela ne veut en rien dire que cet écart ne peut se résorber. Si la puissance va sans doute longtemps rester l’apanage des hommes, l’endurance n’a pas a été affectée de la même manière du côté du sexe dit « faible ». Mais, de prime abord, il faut tout de même déconstruire une demi-vérité qui fait florès chez les sportifs de l’extrême : celle que les réserves de graisse des femmes, plus fournies en tissus adipeux que leurs consorts masculins, constituent un réservoir d’énergie dans lequel elles peuvent puiser à foison durant un effort de longue haleine. Premièrement, il ne faut pas des réserves de graisse conséquentes pour parvenir à effectuer un effort extrême. Les hommes, même les plus sportifs, sont d’ailleurs aussi dotés de graisse. Deuxièmement, les tissus graisseux induisent une moins bonne circulation de l’oxygène dans le sang, ce qui désavantage les femmes à hauteur de 10% selon les physiologistes.

Graisse anatomie

Mais ce que les femmes perdent en circulation d’hémoglobine, elles le gagnent effectivement en énergie. Contrairement à elles, les hommes auront davantage tendance à oxyder des glucides durant leur effort. Cela s’explique par la présence dans leur sang de plus de d’enzymes glycolytiques, éléments nécessaires à la dégradation du glucose. Les glucides fournissent moins d’énergie que les lipides, lesquels seront plus automatiquement oxydés par les femmes.

Une autre explication est à trouver du côté du coût énergétique de l’effort, facteur de performance primordial. En clair, à effort égal, hommes et femmes ne dépensent pas toujours la même énergie. La femme, plus légère, est moins sujette à l’attraction terrestre que l’homme, et peut donc plus facilement se hisser en haut des difficultés, à plus forte raison quand celles-ci sont à fort pourcentage. Quand on regarde d’ailleurs la progression de Kolbinger, on remarque qu’elle a su faire la différence sur ses adversaires dans les sections montagneuses.

D’une certaine manière, le déficit de puissance des femmes peut donc sur les très longs efforts se résorber par leur surplus d’endurance. Certains arguent également que la femme, plus courageuse et plus déterminée, est psychologiquement mieux armée à faire face à ce type d’effort. De là à dire que les femmes vont du jour au lendemain faire mordre la poussière aux hommes, il y a un pas qu’on ne franchira pas. Car aux dernières nouvelles, un petit pas pour l’homme équivaut encore à un grand pas pour la femme.

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