Le beau monde de Vincent Peiffer: Papy fait bombance

Il ne devait pas faire le nettoyage des mandats dorés dans les intercommunales, Elio?

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Quand on y pense, c’est quand même malheureux. Ils n’ont plus les jeunes compétents pour ça, au PS. Tandis que les aînés, eux, ils savent y faire pour respecter la tradition des mandataires sur-rémunérés dans les intercommunales. Alors face à cette pénurie, comme chez les juges et chez les profs de math, on est bien obligé de faire appel aux retraités. Prenez Jacques Vandenbosch. Ça ne vous dit pas? Le gars fut pourtant bourgmestre de Seraing de 1994 à 2000. Puis encore de février 2005 à décembre 2006: une régence de luxe, on va dire, entre le décès de Guy Mathot et la montée du gamin, Alain Mathot, sur le trône de mayeur-héritier de S’raing. Après, Jacques hérita bien évidemment de jolis mandats d’administrateur, notamment chez le puissant électricien EDF-Luminus. L’énergie, c’est sa spécialité. Il sera aussi “dans certains comités de secteur”, comme il le confie au Soir. Normal. Puis il sera pensionné, et jouira d’une retraite bien méritée.

Sauf qu’en 2018, Publilec vient perturber sa belle quiétude. Cette intercommunale énergétique veut un nouveau directeur (PS). On cherche, on cherche, et on ne trouve pas… Ah, ces jeunes PS, ce n’est plus ce que c’était, question mandats publics à gros-gros jetons de présence! Mais à force de persévérance, on trouve un jeune qui veut bien s’y coller: Jacques Vandenbosch. Un jeune d’à peine… 76 ans. Depuis le 1er juin 2018, noss’ Jacquouille est donc directeur et “informateur institutionnel” (?) de Publilec. Dont les chiffres d’exploitation 2018 viennent d’être publiés.

À la colonne rémunération du dirlo (entré en fonction le 1er juin), on lit: 45.500 euros brut. Pour sept mois de dur (?) labeur. Donc un salaire annuel de 78.000 balles. Ceux-ci ajoutés à sa retraite déjà bien dorée. Pour éviter les fins de mois difficiles, Jacquou préside également l’”Inter-Régies”, une association qui “fournit des services opérationnels et juridico-régulatoires effectifs à ses entreprises affiliées”. Pour 17.422 euros brut par an de plus. En même temps, faut comprendre: “Si je n’avais pas toutes ces choses, je ne sais pas ce que je foutrais” (de ma retraite), confie Papy la Bombance. Il s’occupe. Il rend service. Quasi bénévolement…

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