Les autocollants Panini et autres pochettes de cartes surprises : de dangereux jeux de hasard ?

Le président de la Commission des jeux de hasard Etienne Marique exprime son inquiétude sur les jeux qui ont fait le bonheur de plusieurs générations d’enfants

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La coupe du monde de football en Allemagne de 1974, les animaux préhistoriques, les animaux et les sports les plus célèbres : voilà les quatre plus anciens albums thématiques Panini. Les quatre collections datent de l’année 1974 et soufflent donc cette année leurs 45 bougies. Le concept a fait le bonheur de nombreuses générations de jeunes. L’entreprise italienne ratisse large en effet. Les collectionneurs ont eu l’occasion de plonger dans les univers de Disney, E.T. l’extra-terrestre, Rambo, Lucky Luke, Les Simpson ou encore Fort Boyard.

Autant d’occasions d’ouvrir son porte-monnaie pour devenir l’heureux propriétaire d’une pochette surprise contenant plusieurs autocollants. Puis d’échanger ses doubles à la récréation ou racheter des pochettes d’autocollants pour compléter ses albums. Une pratique qui fait désormais froncer de nombreux sourcils du côté de la Commission des jeux de hasard. Car l’organe de contrôle considère depuis peu les célèbres pochettes comme un jeu de hasard. Son président, le magistrat Etienne Marique, l’a expliqué cette semaine à nos confrères de L’Avenir. Contacté, il confirme et étaie ses propos.

Incitation aux jeux 

« Le principe du jeu de hasard chez Panini était déjà clair depuis 2014. C’est à ce moment qu’on s’est penché sur la question. Avant, on ne se la posait pas. Pour nous, il s’agit de dire « Attention, tout cela n’est pas totalement innocent ». Cela concerne une population jeune. On est finalement confronté de plus en plus jeune aux jeux de manière subtile. On rentre dans un processus d’incitation aux jeux », explique le président d’un organe qui fournit des avis au gouvernement et au Parlement, remplit une fonction de contrôle et décide de l’octroi de différents types de licences.

Panini Belgique était pour sa part injoignable pour un commentaire. Le magistrat critique aussi au passage le jeu de cartes de stratégie Magic The Gathering qui fonctionne également avec des pochettes surprise (out comme les cartes à jouer Pokémon et Yu-Gi-Oh). Le principe se rapprocherait aussi du jeu de hasard. Selon la salle de jeux bruxelloise Outpost – un des principaux points de vente -, le magistrat Marique comprend mal le principe du jeu. « Ça n’a rien à voir avec des Panini ! Le principe est de jouer. Le jeu existe en outre depuis plus 20 ans », insiste son gérant. Un parallèle est toutefois possible avec Panini : l’acheteur ne sait pas tout à fait ce qu’il achète dans la pochette et peut être tenté de remettre la main au portefeuille pour trouver finalement son bonheur.

La digitalisation n’aide pas

De manière plus générale, Etienne Marique, qui est en place depuis 19 ans, s’est trouvé aux premières loges pour assister au bouleversement que représente l’arrivée du smartphone dans l’univers des jeux de hasard. « Ça a bouleversé le marché. Les smartphones ont facilité l’accès aux jeux. Les enfants jouent et les parents ne sont plus au courant. Ils jouent dans le tram, le train ou en classe. La digitation a facilité l’accès jeu pendant 24h/24 et 7j/7« .

Le magistrat réclame par ailleurs une étude scientifique sur la dangerosité des risques liés aux jeux, que ce soit les jeux Panini et ceux au casino : «  On est demandeur depuis 2008 d’une étude qui analyse la situation de manière objective et scientifique. Cette étude n’a jamais eu lieu…« 

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