La reforestation pour lutter contre le réchauffement climatique ? Les idées germent

Alors que les effets du dérèglement climatique se font ressentir comme jamais, diverses initiatives de reboisement émergent à travers le monde pour y faire face.

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L’Ethiopie a décidé de faire feu de tout bois – pas au sens littéral bien entendu – afin d’endiguer les effets du réchauffement climatique, exacerbé sous ces latitudes. Jusqu’à la fin de l’été, chaque Ethiopien, quel que soit sa profession, est amené à mettre en terre 40 plants. Rien qu’à son lancement le 29 juillet, l’opération a débouché sur la plantation de 350 millions d’arbres, en sachant que 4 milliards sont prévus au total!

L’arbre semble faire figure de sauveur providentiel dans les programmes de lutte contre le dérèglement climatique. Il faudrait un accroissement de l’ordre d’un tiers du nombre actuel d’arbres verdissant notre planète bleue – soit 1000 milliards d’arbres supplémentaires – pour parvenir à juguler le CO2 qui s’accumule dans notre atmosphère.

La Grande Muraille de chênes

À terme, la diminution du dioxyde de carbone, emprisonné par les forêts, déboucherait sur une baisse des émissions de gaz à effet de serre, et donc à une diminution de la température mondiale de 2°. Cette solution est de plus en plus envisagée étant donné la portée rétroactive de l’arbre, qui présente l’avantage de pouvoir capter le gaz carbonique déjà présent dans l’air que nous respirons.

Ainsi, des pays comme la Grande-Bretagne, l’Islande et la Chine, ont mis en place, à des échelles très différentes, de vastes programmes de reboisement. Si les deux premiers ont décidé de planter dans leur sol respectivement 130.000 et 4.000.000 arbres, la Chine a elle regagné l’équivalent de 135 millions (!) d’hectares de forêt. Se trouvant entre le marteau d’un désert de Gobi en expansion constante et l’enclume des villes côtières polluées au possible, l’Empire du Milieu a choisi l’option de de cette Grande Muraille verte pour se prémunir contre le réchauffement climatique.

Graines et sésame

D’autres pays ont trouvé des moyens, pas toujours très orthodoxes, pour reforester leurs contrées. Par exemple, la Thaïlande recourt à des bombes – biodégradables – de graines déversées par avion. Bien qu’une grande partie se désagrège à l’atterrissage, les autorités thaïlandaises affirment que 70% de ces graines parviennent à germer.

Aux Philippines, la président Rodrigo Duterte n’a pas la réputation d’être un « hippie » en osmose avec la nature, loin s’en faut. Le président, qui s’est targué durant sa campagne de ne pas se préoccuper des droits de l’homme, semble plus regardant quand il s’agit de nature. Il a effectivement contraint les étudiants en passe de recevoir leur diplôme à planter dix graines, sans quoi ils ne peuvent obtenir leur précieux sésame. La preuve en est qu’autocratie et climato-scepticisme ne vont pas nécessairement de pair.

Dix arbres = une arme

L’état indien du Pendjab, frontalier avec le Pakistan, a lui soumis à ses habitants désireux d’obtenir une arme à feu deux obligations : planter dix boutures avant d’en envoyer les photos – prises en mode selfie, cela va sans dire – à l’administration. Celle-ci, au bout d’un mois, demande alors aux amateurs de la gâchette de montrer l’évolution de leurs jeunes pousses afin de s’assurer de leurs bonnes intentions. Le Pendjab espère ainsi résorber son manque de zones vertes, trois fois inférieur au quota imposé par les pouvoirs publics.

Mais si les initiatives de reboisement pullulent de par le monde et incitent à l’optimisme, il n’empêche que leur bonne gestion n’en est pas pour autant assurée. En Ethiopie, à peine un quart des graines semées entre 2000 et 2015 a survécu, levant les interrogations sur le soin accordé aux plants.

Devant l’engouement de la population suscité par la reforestation, les journaux éthiopiens ont émis des doutes quant à la viabilité du projet. Un nombre insuffisant de plants disponibles, un manque d’entretien nécessaire au bon maintien de la croissance des semis, un choix d’espèce parfois peu judicieux au vu des caractéristiques du sol, un effet d’annonce plus qu’un projet durable… Autant d’arguments qui expliqueraient les échecs des tentatives antérieures de reforestation. Bref, on n’est pas encore sorti du bois. 

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