Qu’est-ce que le Mercosur, cet accord de libre-échange rejeté par le Parlement wallon ?

Le gouvernement PS-MR-Ecolo a dit non au Mercosur ce lundi au Parlement wallon, prévoyant notamment ses conséquences néfastes pour les agriculteurs. Mais en quoi consiste cet accord entre l'UE et quatre pays d'Amérique du Sud qui créerait la plus grande zone de libre-échange au monde ?

©Belga

Depuis plus de vingt ans, l’Union européenne essaye de mettre sur pied un traité de libre-échange avec le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay. Mais ce lundi, le Parlement wallon s’est dressé contre le projet. « Dans l’état actuel du dossier, le gouvernement wallon n’accordera pas la possibilité au gouvernement fédéral de signer quoi que ce soit » a soutenu Elio Di Rupo. La majorité PS-MR-Ecolo prévoit notamment des conséquences néfastes pour les agriculteurs belges via l’importation de viande bovine sudaméricaine. Mais elle dénonce également le comportement du président brésilien Jair Bolsonaro à l’égard du climat ainsi que le non-respect des droits syndicaux au sein de certains pays impliqués dans le Mercosur. 

Un air de déjà vu ? Le dossier rappelle effectivement celui du CETA. En 2016, la Wallonie, sous la houlette de Paul Magnette, s’était retrouvée seule contre tous, refusant de signer un accord de libre-échange liant l’UE au Canada. Mais le cas est sensiblement différent. D’abord parce qu’au contraire des négociations autour du CETA, les partis wallons se sont levés de front. Le MR s’est joint aux autres partis de la majorité pour demander une révision du texte. Ensuite parce qu’à l’échelle européenne, la Wallonie évite le cavalier seul. Le Mercosur fait face à une large opposition. La France, le Luxembourg, l’Autriche ou encore l’Irlande se sont exprimés en défaveur du projet. 

Reste à voir comment sera acceuilli ce refus coté flamand, où l’accord avait été salué. La Flandre considère en effet qu’en raison de la baisse des droits de douanes, il serait bénéfique pour ses industries chimique et automobile. 

Le Mercosur en huit points

Plus de 88 milliards d’euros de marchandises et 34 milliards d’euros de services sont échangés chaque année entre l’UE et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay). En créant un accord de libre-échange, les dirigeants européens et sud-américains espèrent augmenter ces chiffres et stimuler la croissance économique via la création d’emplois pour les 770 millions de personnes vivant sur les deux continents. Mais ce traité est loin d’avoir conquis les Européens… On décrypte cet accord en huit points.

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Cet article est paru une première fois le 29 juillet 2019, à l’occasion des manifestations des agriculteurs anti-Mercosur.

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