Le métro, une idée rétrograde?

Bruxelles reste très réactionnaire sur la place de la voiture en ville. La preuve avec le métro nord qui se fera, envers et contre tout, au prix de 2 milliards d'euros. Focus sur cette ligne polémique dans le cadre de notre dossier consacré à Bruxelles et aux villes du futur.

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À Bruxelles, le mot d’ordre est lancé et l’ordre de bataille est planifié. Le tout à la voiture, c’est terminé. « Mais on fait un métro qui favorise les automobilistes », s’exclame Marion Alecian, la directrice de l’ARAU, un groupe de Bruxellois engagés en réaction à l’exode urbain et aux aberrations urbanistiques bruxelloises. « Les écolos ont accepté le métro-nord contre un plan tram », affirme Marion Alecian. Et d’insinuer que ce métro est une promesse électorale (vieille de vingt ans) faite notamment aux habitants d’Evere (la commune de Rudi Vervoort, ministre-président de la région bruxelloise, PS). « On pourrait simplement intensifier la ligne 26 de train qui fait exactement le même trajet que ce projet de métro ou investir dans des trams ».

Cachez-moi ce transport public

« On est pas contents. Ce métro n’est pas une solution d’avenir et il va coûter 2 milliards. De nombreux experts pensent comme nous. Un métro en souterrain, ce n’est pas agréable pour se déplacer, cela laisse toute la place aux voitures en surface, ce n’est pas moderne », explique-t-elle. Les trams et tous les autres transports publics en surface « se disputent » l’espace avec les voitures. Ils ne peuvent être vraiment fluides que si le nombre de véhicules individuels diminue. Tout en programmant la fin de la voiture, le nouveau gouvernement ne prend pas les devants de cette transformation. « Quand on voit ce projet de métro, on se dit que le tout à la voiture n’est pas terminé », dénonce encore l’ARAU.

Des aspirateurs à voitures

Selon elle, la généralisation du 30 à l’heure, c’est bien mais ça reste une mesure facile à faire. « Ils projetent en même temps de faire des parkings de dissuasion qui sont des aspirateurs à voiture. Or ce n’est qu’en faisant moins de parkings qu’on dissuadera la voiture. Et quand on met 600 millions d’euros pour réparer le tunnel Léopold, c’est encore pour la voiture. On aurait pu le fermer. Il n’y a pas de décision révolutionnaire. Bruxelles reste très réactionnaire sur la pace de la voiture en ville », critique Marion Alecian. Plus globalement, « ils sont encore trop dans dans des projets de commercialisation, d’événementiel de la rue et pas assez sur l’identité bruxelloise. On folklorise le centre-ville pour les touristes plutôt que d’être en phase avec les aspiration des Bruxellois. La Bourse va être restaurée et devenir un musée de la bière: c’est pour le tourisme ».

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