Les cerveaux des diplomates américains auraient bien été altérés à Cuba

En 2017, les Etats-Unis soupçonnaient Cuba d'empoisonner le cerveau de leurs diplomates. Les Cubains ont toujours nié tout mais une étude démontre que les émissaires américains revenus au pays souffrent effectivement d'étranges troubles cérébraux.

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Mystère à Cuba. Il y a deux ans, une vingtaine de diplomates américains en poste sur l’île confiaient souffrir de migraine, nausées, vertiges… A l’époque, le gouvernement américain parlait « d’attaque acoustique ». L’affaire avait fait du bruit aux States, avant de tomber dans l’oubli. Mais les autorités américaines, voulant faire la lumière sur ce mal qui a frappé ses diplomates, ont chargé des chercheurs de l’université de Pennsylvanie de vérifier s’ils avaient effectivement été victimes d’une attaque.

Pour ce faire, ils se sont tournés vers l’imagerie médicale. 44 diplomates et leurs familles ont donc investi les labos du centre des traumatismes cérébraux du campus universitaire. À grands coups d’IRM, les chercheurs ont comparé leur cerveau avec ceux de 48 volontaires comparables au groupe de diplomates.

L’étude, parue en début de semaine, révèle en effet des différences importantes entre les deux groupes, principalement au niveau de la substance blanche, qui propage les informations à travers le système nerveux, ainsi que dans le cervelet, responsable de notre contrôle moteur. Pas des petits détails donc… « Leurs cerveaux ont bien subi quelque chose qui a causé ces changements », assure Ragini Verma, professeure de radiologie à l’université de Pennsylvanie, et spécialiste de l’imagerie médicale. « Ce n’est pas imaginaire. »

Mais impossible à ce stade pour les chercheurs d’identifier la réelle cause de ces troubles. « Ceux-ci ne ressemblent pas aux lésions classiques, provoquées par exemple par des chocs répétés à la tête ou une exposition à des explosions sur un champ de bataille » lit-on dans le New-York Times. D’où le souhait de la radiologue de continuer les tests et les recherches.

Les ébats des grillons en cause ?

En 2017, certain qu’il s’agissait d’une attaque cubaine, le gouvernement américain avait rappelé plus de la moitié de son personnel et dégagé des diplomates cubains du territoire américain. Mais de machine perfectionnée, l’origine des sons s’était déplacée en début d’année vers… l’accouplement des grillons. Deux biologistes universitaires américain et britannique assurent identifier dans un enregistrement des sons en question les battements des grillons à queue courte de De Geer.

Une théorie farfelue qui n’a fait rire personne, les Américains refusant d’être tournés en ridicule alors que les Cubains réfutent toute implication du pays dans les problèmes de santé des diplomates. « Cette étude ne dégage aucune conclusion scientifique finale claire » signale le Centre de neuroscience cubain. Rappelons en effet que l’étude a été commandée par le gouvernement américain et menée par des chercheurs américains.

Si les relations américano-cubaines s’étaient fortement et historiquement réchauffées durant les mandats de Barack Obama à la Maison blanche, elles souffrent depuis la prise de pouvoir de Donald Trump.

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