Maltraitance animale: Une saisie importante chez un marchand de chevaux peu scrupuleux

Quatorze équidés, dont deux poulains, ont été confisqués à Ogy. Leur propriétaire, multi-récidiviste, les avait laissés dépérir dans un enclos sans ombre et sans eau.

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Les images sont dures, comme souvent dans les cas de maltraitance animale. Un cheval, laissé à l’agonie dans un champ le soir du 21 juillet, n’a plus que la peau sur les os et respire péniblement. Très rapidement, l’image fait le tour des réseaux sociaux. Le problème, c’est que les forces de l’ordre et les associations de défense animale déplacées sur les lieux ne peuvent intervenir tant que le bourgmestre de la commune de Lessines ou les autorités vétérinaires ne donnent leur feu vert. Et aucun des deux ne répond au téléphone. Ils laissent donc l’animal sur place, sans pouvoir abréger ses souffrances. Le lendemain matin, le cheval a disparu, très probablement caché par le propriétaire pendant la nuit.

Ce dernier est bien connu de la fédération des refuges de Wallonie. Il s’agit d’un marchand de chevaux peu scrupuleux installé à Ogy, chez qui de nombreuses saisies ont déjà été ordonnées depuis de nombreuses années. Et rebelote, le 24 juillet, les associations sont appelées à la dernière minute pour aller chercher 14 chevaux et poulains qui vivent dans des conditions insupportables, dans une prairie sans ombre sous 40°C, sans fourrage et sans eau. « Il doit s’agir de la quatrième ou cinquième fois que l’on doit aller chercher des animaux chez Pascal Delcourt », déclare Jean-Marc Montegnies, le Président d’Animaux en Péril

« C’est un magouilleur, il a tous les plans pour revendre ses chevaux. Notamment à Rekkem, où il vend ses bêtes pour la boucherie. C’est son activité principale. Mais quand les équidés ont été déclassés de la chaîne alimentaire à cause de certains médicaments qu’ils ont reçus, il n’hésite pas à mettre des annonces sur Facebook à l’aide de fausses ASBL ou de personnes qui font partie de son entourage avec des histoires complètement bidons en essayant de jouer sur la sensibilité des gens en titrant des choses comme « Sauvetage boucherie, achetez-le avant qu’il ne soit trop tard ». Il en évacue également à l’étranger et notamment en Allemagne. « Il fonctionne dans le low cost, si je devais faire une comparaison, je dirais qu’il s’agit du Ryanair des marchands de chevaux ».

Pascal Delcourt est déjà passé plusieurs fois devant les tribunaux pour ses agissements. Et pourtant, il n’a jamais été condamné à ne plus pouvoir détenir d’animaux. le personnage a récidivé à de nombreuses reprises jusqu’à la plus grosse saisie (plus de 50 chevaux) en 2016. Il est également soupçonné d’avoir abattu des poneys chez lui pour revendre la viande dans des circuits parallèles, ce qui est totalement illégal. « Son argumentaire, c’est qu’il achète des chevaux pour les remettre sur pied et qu’ensuite seulement, il les vend. Mais c’est totalement faux. Comme c’est un gagne-petit, il veut évacuer ses bêtes rapidement donc il y a un grand turn-over. Ses infrastructures sont défraîchies et il ne fournit pas de l’alimentation de qualité à ses équidés, qui se retrouvent souvent dans un état déplorable, parfois cachectique. Il fonctionne comme une sorte de dépôt-vente », continue Jean-Marc Montengies.

Lors de la saisie du 24 juillet, certains animaux étaient dans une forme relativement acceptable, mais d’autres, comme les deux juments allaitantes et leurs poulains, étaient dans un état de maigreur inquiétant. Les animaux ont été répartis dans plusieurs refuges, dont Animaux en Péril, Le Rêve d’Aby, Equichance, Animal sans Toi..t, Opale, Tabula Rasa et EquiRêve. Malgré cette situation catastrophique, les choses semblent évoluer positivement. En effet, depuis le premier janvier 2019, le nouveau code wallon du bien-être animal prévoit que l’autorité administrative peut retirer le permis de détention d’animaux sur base d’actes de maltraitance. Avec cette nouvelle saisie, le fonctionnaire sanctionnateur a la possibilité de retirer le permis de posséder des animaux.

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