Pourquoi on ne doit plus se réjouir des fortes chaleurs

L'IRM a mesuré un record 40,2°C. Mettre le pied dehors devient doucement insupportable. Ces prochaines années, l'intensification des vagues de chaleur devraient avoir de plus en plus de conséquences sur la planète, votre santé et votre logement.

belgaimage-153336726-full

Chaque année, les scientifiques nous préviennent avec une voix de plus en plus grave: le climat se réchauffe de façon inquiétante. Cet été ne fera pas taire les inquiétudes. On a connu un premier épisode caniculaire au début de la saison. Voilà que le second nous imposera son soleil de plomb jusqu’à vendredi. « Ce mercredi, on a dépassé le record historique des températures. En Campine, on a atteint les 39,9°C. L’ancien record était de 38,8°C », constate le météorologue de l’Institut royal de météorologie (IRMPascal Mormal.

Au fil de l’histoire, la Belgique et l’Europe ont connu plusieurs vagues de chaleur importantes. Mais ce qui différencient les canicules actuelles des précédentes, c’est la fréquence. « Entre 1901 et 1989, on a enregistré 23 vagues de chaleur. Depuis 1990, on est déjà à 19. On est donc passé d’une canicule tous les quatre ans à plus d’une tous les deux ans. Cet été, on en est déjà à deux. » À l’avenir, ce phénomène va encore s’intensifier. En France, le Groupe d’Experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) prévoit une augmentation des températures jusqu’au moins 2050 d’environ 4 degrés Celsius.            

Pénurie d’eau

Cette intensification des épisodes caniculaires n’est pas sans conséquence. Depuis septembre 2018, le déficit pluviométrique est de 20 % en moyenne. « Dès la fin de l’année 2016 s’est greffée à la hausse des températures une période de sécheresse », poursuit le scientifique. Cela nuit au bon développement de la végétation et des cultures et in fine aux agriculteurs qui connaissent des jours difficiles. » 

Derrière cette sécheresse agricole, on observe également une sécheresse hydrologique. De manière générale, il pleut moins toute l’année en Europe et notamment durant la période de reconstitution des nappes phréatiques qui s’étend de septembre à mars. « Ces nappes ont besoin de pluie continue. Les épisodes orageux sont peu bénéfiques pour les sols en profondeur. Les hivers aussi se réchauffent, il pleut moins et neige peu depuis plusieurs années. Pour le moment, la situation n’est pas encore dramatique, mais ça va en s’aggravant. Or l’eau du robinet vient de ces nappes. Si elles ne sont plus assez alimentées en eau, viendra le moment des restrictions d’eau potable », alerte Pascal Mormal

L’asséchement des sols a d’autres conséquences moins évidentes. Comme s’en inquiète le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) dans Le Monde, le déficit hydrique prolongé entraine une contraction du sol. Le retour des précipitations provoque par la suite des mouvements de terrain capables de déformer les maisons. En France, 4,5 millions d’habitations – les immeubles sont moins concernés car les fondations sont plus profondes – seraient ainsi vulnérables.

L’ozone vous irrite

Par ailleurs, en plus de la hausse des températures, la canicule augmente la concentration d’ozone dans l’air. Celine, la Cellule Interrégionale de l’Environnement belge, a été contrainte aujourd’hui d’activer sa phase d’avertissement. L’ozone est un polluant créé par un processus photochimique. Il a donc besoin de chaleur et de luminosité (et d’une pollution classique comme celle du trafic automobile) pour se former dans l’atmosphère. D’ordinaire, ce seuil d’ozone est de 180 microgrammes par mètre cube. Ce jeudi, il pourrait atteindre les 240 microgrammes. Cela peut s’avérer relativement dangereux… L’ozone est un gaz irritant qui peut provoquer des problèmes respiratoires.

La canicule peut en outre provoquer des coups de chaleur, des insolations, des déshydratations parfois fatales. La Ligue cardiologique belge alerte également sur les dangers pour le cœur. Sous l’effet de la chaleur, les vaisseaux cutanés peuvent se dilater et le sang mal se répartir. Le cœur est alors obligé de pomper davantage et d’augmenter le rythme cardiaque de 10 à 15 pulsations par minute. À court terme, il est donc essentiel de rester à l’ombre, de beaucoup s’hydrater et d’éviter les efforts physiques trop intenses. À long terme, la lutte contre le réchauffement climatique demeure la seule option sensée…

Sur le même sujet
Plus d'actualité