Pourquoi Greta Thunberg n’est pas la bienvenue à l’Assemblée nationale française

Des élus de droite et d'extrême-droite en France veulent "boycotter" la venue de Greta Thunberg à l'Assemblée nationale parce qu'ils refusent d'applaudir "une prophétesse en culottes courtes".

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Il semble ne pas se passer un jour sans que l’on entende parler de Greta Thunberg. La jeune militante vient en effet de recevoir le Prix Liberté 2019 à Caen pour son engagement écologique. Elle a déjà annoncé qu’elle reverserait les 25.000 euros perçus à quatre organisations œuvrant «pour la justice climatique et aidant des habitants du sud de la planète qui sont déjà affectés par l’urgence climatique et écologique». Mais cet engagement, qui semble inébranlable, ne plaît pas à tout le monde. La suédoise a été invitée par le collectif « Accélérons » pour une réunion ouverte avec les parlementaires le 23 juillet à l’Assemblée nationale Française. Elle assistera également, depuis la tribune d’honneur, à la séance des questions au gouvernement. Une présence qui a réveillé des pulsions revendicatrices chez certains élus de droite et d’extrême-droite.

En témoigne un tweet de Julien Aubert, député Les Républicains. « Greta Thunberg a été invitée à l’Assemblée nationale pour la séance. Je respecte la liberté de penser… mais ne comptez pas sur moi pour applaudir une prophétesse en culottes courtes, ‘Prix Nobel de la peur’. La planète, oui. Le greenbusiness, non. » Même son de cloche chez Guillaume Larrivé, membre du même parti que Julien Aubert, qui s’est fendu d’un délicat « J’appelle mes collègues députés à boycotter GretaThunberg à l’Assemblée nationale. Pour lutter intelligemment contre le réchauffement climatique, nous n’avons pas besoin de gourous apocalyptiques, mais de progrès scientifique & de courage politique. »

Toujours chez Les Républicains, le député de Seine-et-Marne Jean-Louis Thieriot a alimenté les braises en ajoutant un très remonté « Non à l’infantilisation obscurantiste, la moraline et la terreur par la peur. Greta Thunberg invitée d’honneur [des questions au gouvernement] : l’Assemblée se couvre de ridicule .»

Du côté du Rassemblement National, le parti de Marine Le Pen, le député Sébastien Chenu a quant à lui commenté « Si je dis que je ne veux pas aller me prosterner devant Greta Thunberg, cette enfant de 16 ans invitée à l’Assemblée devant la représentation nationale, je sors (encore ?) du politiquement correct ? ». Des propos inutiles qui détournent l’attention du véritable enjeu de cette réunion et soulignent les compétitions politiques qui se jouent actuellement. C’est ce qu’a rappelé la présidente de Génération écologie Delphine Batho : « C’est une clarification utile parce que les masques tombent en fait sur un arrière-fond, en quelque sorte, de climato-scepticisme »

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