Vraies et fausses légendes autour du premier pas de l’Homme sur la Lune

Il y a cinquante ans, l'Homme marchait sur la Lune en mondovision. "Un petit pas pour un homme bla bla bla", on connait la suite. Mais il y a encore des choses que vous ne savez pas sur la mythique mission Apollon 11. Des anecdotes passées à la postérité, et pourtant pas toujours complètement vraies.

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L’évènement rassemblait plus de 500 millions de Terriens devant leur téléviseur. Fascinés par un spectacle que même le cinéma ne pouvait encore leur proposer, ils avaient conscience d’assister à l’un des plus grands moments de l’histoire de l’humanité. La planète est en apnée durant les 31 heures de direct et ce n’est pas la médiocrité des images reçues par satellite qui va gâcher la fête. Mais tout ne se voit pas à l’écran. Au cœur de la grande Histoire se cachent de nombreuses petites, souvent savoureuses. En voici huit.

Des cartes postales, au cas où

Un voyage spatial… Autant dire que le risque d’y rester est grand. Et quand on prévoit de mourir, à quoi pense-t-on ? Bah à son assurance. Tous trois incapables de se payer une assurance-vie (pas gratuite vu le voyage), ils ont fait travailler leur imagination pour éviter de mettre leur famille à la rue en cas d’accident : signer des dizaines de cartes postales de la Lune avant de partir et les laisser à leurs proches, qui auraient pu les revendre à prix d’or si les astronautes venaient à mourir en mission. Des cartes postales encore en circulation aujourd’hui et qui se revendent… à prix d’or.

©NASA

Le Space Pen qui ne sert pas à écrire

Quand se brise le bouton utile à la mise à feu des moteurs (un bouton important quand même), Buzz « MacGyver » Aldrin aperçoit le salut de l’équipage dans le stylo spécialement conçu pour le voyage spatial. Le premier « Space Pen » antigravité est donc entré dans la légende pour son diamètre, correspondant exactement à celui du poussoir. Bon, il s’avère apparemment qu’Aldrin, connu pour son melon, aurait fortement insisté sur ce passage lors de son retour sur Terre. De nombreux experts affirment que même sans son trait de génie, les moteurs auraient pu repartir.

©NASA

La « dépression » de Michael Collins

On a souvent entendu que Michael Collins, le troisième membre de l’équipage resté dans le vaisseau pendant qu’Armstrong et Aldrin sautillaient sur la Lune, avait très mal vécu cet isolement. Au point de faire une dépression une fois la mission terminée. Mais en réalité, il n’a pas connu de problème particulier et a rapidement pris la tête du musée spatial américain après une courte période en politique. Modeste et conscient de sa chance, il souhaiterait même voir graver le mot « lucky » sur sa pierre tombale.

S’il y a un astronaute qui a galéré après la mission, c’est plutôt Buzz Aldrin. Alcoolique et dépressif quand il quitte la Nasa en 1972, il est dévoré par une question existentielle : que faire de plus de sa vie après avoir marché sur la Lune ? Donner son nom à un personnage de Toy Story ? Il ne le sait pas encore. Mais il parvient à surmonter doucement ses troubles en capitalisant jusqu’à la corde sur sa carrière spatiale. Des trois, Aldrin a toujours été, et de loin, le plus visible dans les médias, ne ratant jamais une occasion de se montrer.

L’hommage à Gagarine

L’alunissage américain intervient en pleine Guerre froide et en pleine course à la Lune. Cela n’empêche pas l’équipage d’y laisser un médaillon à l’effigie du Soviétique Youri Gagarine. Un bel hommage au premier homme à avoir eu la tête dans les étoiles quand, en 1961, il prenait part à la mission Vostok 1.

Un équipage de 400 000 personnes

Soucieux de mettre en avant l’esprit de camaraderie qui a entouré la mission Apollo 11, Aldrin, Armstrong et Collins ont maintes fois insisté sur le boulot des quelque 400 000 ingénieurs, techniciens et sous-traitants engagés dans le projet. « Tout ceci n’est possible que par le sang, la sueur et les larmes d’un grand nombre de gens » dira Michael Collins le 23 juillet 1969.

Aldrin refuse de photographier Armstrong

On l’a dit, Aldrin affichait un ego démesuré. La légende selon laquelle il se serait débrouillé pour ne pas photographier Neil Armstrong sur la Lune, jaloux de n’être que le deuxième homme à alunir, n’a pas aidé à améliorer sa réputation. Pourtant, selon la Nasa, celle-là elle serait fausse. Si peu de photos de Neil Armstrong ont été prises, c’est principalement parce que c’est lui qui tenait le seul appareil capable de résister aux conditions lunaires. Un appareil qui ne connaissait pas le selfie. Logique donc.

L’étrange première photo

Et du coup, c’est quoi la première photo prise sur la Lune ? Dans l’imaginaire collectif, il s’agit de l’empreinte de pas de Neil Armstrong enfoncé dans la poussière. Double erreur. D’abord, il s’agit en réalité du pied de Buzz Aldrin, qui a profité du peu de temps dont il disposa avec l’appareil photo pour immortaliser son pas. Ensuite, la vraie première photo est moins classe, mais pas moins iconique. Ce n’est qu’après avoir délesté la navette de tous les détritus accumulés durant le voyage aller qu’Armstrong est descendu avec le fameux appareil. Son premier réflexe a donc été de prendre en photo l’un des nombreux sacs-poubelle gisant au sol.

©NASA

Bonne chance Mr Gorsky

Entrée dans la culture populaire, la chance de Monsieur Gorsky proviendrait d’une blague un brin graveleuse de Neil Armstrong. Ce Monsieur Gorsky serait un voisin que Neil a connu enfant. Un jour qu’il jouait au basket, sa balle atterrit dans son jardin. En allant la récupérer, le futur astronaute aurait entendu Madame Gorsky dire à son mari : « Une fellation ? Le jour où le gamin d’à coté marchera sur la Lune« . D’où cette phrase prononcée depuis la Lune « Good luck Mr Gorsky ». Une histoire trop géniale pour être vraie… Neil Armstrong passera malheureusement le reste de sa vie à confirmer que tout cela n’était que pure invention. Mais toujours avec un sourire en coin.

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