Gare à vos poches, voici les six techniques préférées des pickpockets

Unité spéciale au sein de la zone de police Bruxelles Capitale Ixelles, les trekkers sont spécialisés dans la traque des voleurs en Région bruxelloise. Son responsable, le commissaire Patrick Declerck, énonce les techniques les plus courantes.

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Vous les avez sans doute croisés sans le savoir dans les rues de la capitale. C’est normal: ils opèrent en civil et incognito. La dizaine de membres de trekkers possède une mission très spécifique: détecter et prendre en flagrant délit les pickpockets. Un phénomène loin d’être marginal comme en témoignent les 4.878 plaintes pour vol reçues l’an dernier par la zone de police Bruxelles Capitale Ixelles. Pour leur responsable, le commissaire Patrick Declerck, des petits gestes comme ne pas mettre son portefeuille dans la poche arrière de son pantalon ou garder un contact physique avec son sac à dos dans un endroit public peuvent déjà prévenir quelques problèmes. Il insiste: les campagnes de prévention ne sont pas du luxe, car les gens ont tendance à oublier ou sous-estimer le phénomène. En cas de vol, en plus de bloquer immédiatement sa carte de banque, déposer une plainte reste un geste important. « On choisit notamment nos lieux de patrouille en fonction des plaintes reçues les jours précédents. Si un certain nombre de plaintes renvoient à un endroit particulier, c’est probablement qu’une bande y sévit et on va donc se rendre sur place », explique le policier. Il livre ci-dessous les six techniques de vol souvent utilisées.

La technique du pied

Vous êtes installé en terrasse, dans un fast-food, un restaurant ou sur un banc public, un pickpocket vient vous adresser la parole afin de détourner votre attention, tandis que l’autre va tirer à lui le sac par la lanière avec les pieds. Simple, mais efficace. « Pour éviter que cela se passe, mettez votre sac entre vos jambes et ne laissez pas votre sac sans surveillance ».

La technique football

Celle-ci est assimilée à un vol avec violence, car l’auteur force un contact léger avec la personne. Elle est de loin la plus impressionnante à observer (on a vu des vidéos). L’auteur adresse la parole à la victime et fait semblant de faire du foot entre ses jambes et lui piquer en même temps son portefeuille dans la poche arrière. La personne ne s’en rend pas compte. C’est la seule fois où l’auteur a un contact direct avec la victime et utilise une sorte de contrainte en la prenant par le bras. « Il va vous prendre par l’épaule, vous pousser en avant et va en même temps mettre la jambe entre les vôtres. Votre cerveau va voir ce qu’il y a vers le bas et, déséquilibré, vous allez avoir tendance à partir vers l’avant. Il va profiter de ce moment-là pour piquer votre portefeuille ».

La technique du sac lesté

Il faut un sac plastique au fond duquel le voleur va mettre un objet pour lui conférer une certaine rigidité. Un journal, un livre ou un parapluie par exemple. « Ce sac va leur permettre de cacher leurs gestes. Si je vois un mec qui se balade avec un tel sac vide, je saurai que c’est un pickpocket. Mais lui ne saura pas que je sais », lâche le policier.

La technique de la veste

Même principe que le sac lesté. Le vêtement, généralement une veste, se place au choix sur l’avant-bras ou sur l’épaule. « Cela va servir à cacher leurs mains pendant qu’ils travaillent. On peut par exemple déposer la veste sur le dossier de la chaise où se trouve le sac à voler », explique le commissaire. Un conseil: méfiez-vous des personnes qui portent une première veste sur eux et une deuxième sur l’avant-bras. 

La technique de la tache

Ketchup, mayonnaise ou juste un crachat: tout sera bon pour salir votre vêtement et attirer ensuite votre attention sur la tache. Un complice s’occupera du reste. « C’est toujours le même principe. Ils vont salir votre vêtement pour attirer votre attention. Par exemple, je suis sur un quai de tram et vous avez un beau laptop qui m’intéresse. Je vous mets de la mayonnaise et je viens derrière vous pour dire ‘Monsieur, votre veste est sale’. Qu’est-ce que vous allez faire? Vous allez me regarder. Automatiquement. Je focalise donc votre attention. Pendant ce temps-là, le complice vous vole ».

Le shouldersurfing

La règle d’or au distributeur d’argent: ne jamais se laisse distraire et toujours cacher son code. « Parce qu’il y a des spécialistes qui vont attirer votre attention et relever votre code. Un complice va jeter un billet de 5 ou de 10 euros par terre et vous dire ‘Monsieur, vous avez perdu 5 euros’. Vous allez vous baisser pour prendre le billet et dire ‘Merci’. Pendant ce temps-là, le premier voleur éjecte votre carte et s’en va en quelques secondes. Il a alors la carte et le code. Pendant que celui qui a jeté le billet par terre vous parle quelques instants, l’autre tire l’argent au distributeur », explique le policier. « Quand vous vous rendez compte que la carte n’est plus là, le complice vous dira ‘Oui, on a discuté ensemble et la carte a été avalée. Allez voir une fois à la banque’. Et vous aurez encore perdu du temps. Le shouldersurfing se fait aussi à la caisse du supermarché avec une personne âgée. On regarde son code et lui prend son sac après à la sortie du magasin ».

Découvrez notre reportage « Trekkers, ces super-flics du vol à la tire » dans le dernier numéro de Moustique. Rendez-vous en librairie à partir de ce mercredi ou dès maintenant sur notre édition numérique, sur iPad/iPhone et Android.

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