Dans Google, le mot « lesbienne » ne conduit plus à des contenus pornographiques

Désormais, si vous tapez le mot "lesbienne" dans votre barre de recherche Google, vous ne tomberez plus sur des sites à caractère pornographique. Problème réglé ! Ou presque...

©Belga Images

Il y a encore quelques heures, taper le mot « lesbienne » dans votre barre de recherche Google vous conduisait vers des sites porno. Il fallait éplucher plusieurs pages ou préciser votre demande pour tomber sur des articles de presse ou sur de la documentation concernant le lesbianisme. Désormais, la même recherche vous dirige directement vers la page Wikipedia dédiée au lesbianisme et d’autres ressources pertinentes.

Cette modification importante est le fruit d’un combat mené par le collectif #Seolesbienne épaulé par plusieurs médias français tels que Numerama ou Têtu. Le référencement scabreux orchestré par le moteur de recherche le plus utilisé d’internet a plusieurs fois été pointé du doigt. Il y a plusieurs années, Google agissait pour que le mot teen (adolescent en anglais) ne renvoit plus vers des résultats pornographiques comme c’était le cas pour « lesbienne ».

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

?On a une grande nouvelle à vous annoncer?. Nous avons gagné notre combat : le mot #lesbienne est désormais mieux référencé sur @google ??? Les contenus pornographiques font désormais place à des contenus informatifs, récréatifs ! C’est une grande joie pour toutes les jeunes filles, les femmes #lesbiennes. UN IMMENSE MERCI ?? à vous tou.te.s, en particulier aux membres de #seolesbienne, et aux journalistes, notamment @ajlgbt.info et @numeragram. Pour l’instant nous n’avons pas eu de communication officielle de @google [MISE À JOUR] « Il est clair que nous avions échoué ici et nous continuerons à travailler pour améliorer nos résultats de recherche de manière algorithmique », a assuré à TÊTU un porte-parole de Google. #gouine #lesbien #lesbophobie #lesbiennefrance #homosexualité

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Mais la procédure fût longue et la bataille éprouvante. Et il n’y a pas que sur Google que le mot « lesbienne » n’est pas suffisamment considéré. Sur Facebook, le mot est fréquemment banni. Ce qui oblige les associations et autres groupes de militants à trafiquer leur nom pour avoir le droit d’inscrire un groupe ou à envoyer une réclamation au réseau social pour être finalement toléré.

Il va de soi qu’arrêter de lier le lesbianisme à la pornographie était primordiale. Tout d’abord pour que les lesbiennes (et les femmes en général) cessent d’être référencées comme des objets sexuels. Et également pour que « les jeunes filles qui questionnent leur orientation romantique ne tombent plus sur des images pornographiques« ,  comme l’explique Fanchon Mayaudon-Nehlig, initiatrice du mouvement #Seolesbienne.

Google, ce maladroit

Mais comment expliquer que Google ait mis autant de temps à modifier son algorithme ? Plusieurs fois intérrogé, notamment par Numerama, le moteur de recherche explique qu’il préfère trouver une solution globale plutôt qu’une « simple réécriture des résultats« . À plusieurs reprises, le positionnement de Google quant à la cause LGBT+ a été qualifié d’hypocrite. Début juillet, le géant affichait une bannière aux couleurs de l’arc-en-ciel en mémoire des émeutes de Stonewall. Hommage qui figurait juste au-dessus de tous les résultats pornos générés en tapant « lesbienne ». Indélicat. Pour étouffer la polémique, Google avait préféré supprimer son soutien plutôt qu’agir sur les résultats des recherches. Toujours plus indélicat.

Cette modification est une avancée pour la communauté LGBT+. Cependant, le résultat n’est pas encore optimale. En tapant « lesbienne » et en se rendant dans l’onglet vidéos, l’internaute tombe encore et toujours sur une floppée de clips à caractère pornographique. 

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