Instagram masque le nombre de likes sous les posts « pour faire baisser la pression »

Une nouvelle fonctionnalité qui est actuellement en phase de test dans six pays.

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Le réseau social Instagram l’avait longuement teasé, voilà qu’il vient d’activer une nouvelle fonctionnalité. Dans le but d’inciter les utilisateurs à se concentrer sur le contenu qu’ils partagent plutôt que sur le nombre de «likes» qu’ils reçoivent, la plate-forme qui compte plus d’un milliard d’utilisateurs a décidé de masquer le nombre de mention « J’aime » sur les photos dans six pays dès aujourd’hui, dont l’Italie, le Brésil, le Japon et l’Australie. Pareil pour les vidéos. Une manière de diminuer la pression du chiffre, mais aussi de pousser les utilisateurs à penser différemment leurs contenus. De quoi enrayer les « copies » et les milliers de posts qui montrent un coucher de soleil ou des coupes de champagne qui s’entrechoquent.

Concrètement, les utilisateurs pourront toujours voir leur nombre de « likes » dans leurs notifications, par contre ce chiffre ne s’affichera pas en dessous du post. Mia Garlick, directrice des politiques de Facebook pour l’Australie et la Nouvelle-Zélande, a déclaré que Instagram devrait être un lieu où les gens se sentent à l’aise pour s’exprimer plutôt que d’être jugés. Une enquête menée par le Pew Research Center aux États-Unis en 2018 a révélé que près de 40% des répondants se sentaient obligés de ne partager que du contenu numérique pouvant susciter beaucoup de « likes » ou de commentaires. Mais comment cela affectera-t-il les influenceurs, qui ont appris à convertir chaque petit cœur rouge en argent sonnant et trébuchant, et qui comptent désormais sur cela pour gagner leur vie?

La réponse est complexe. Il sera en effet plus difficile de convaincre les marques de travailler avec eux, puisque leurs « performances » ne seront plus aussi évidentes. Par contre, ils se permettront très certainement d’être plus créatifs et de ne pas se cantonner à des posts standardisés, mais qui assurent un paquet de mentions « j’aime ». Pour le moment, il ne s’agit que d’une phase de test. On ne sait pas encore si l’expérience sera pérennisée et si elle s’étendra à d’autres pays.
90% des jeunes utilisent les réseaux sociaux – plus que tout autre groupe d’âge – et sont donc particulièrement vulnérables à leurs effets. Selon une étude réalisée en 2017 par la Royal Society for Public Health au Royaume-Uni, Instagram serait la pire plate-forme des réseaux sociaux pour la santé mentale des jeunes. Dans ces conditions, une petite remise en question du système de fonctionnement initial ne peut pas faire de mal.

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