Cédric Gervy et sa chanson polémique sur Maggie De Block: « Il ne s’agit en rien de grossophobie »

Invité au festival La Semo dimanche dernier, Cédric Gervy a interprété une chanson qui attaque frontalement Maggie De Block. Depuis, le morceau polémique fait couler beaucoup d'encre, notamment du côté du MR. 

©Belga Images

Les faits se passent le week-end dernier au festival LaSemo dans le parc d’Enghien. Dimanche en fin d’après-midi, l’artiste Cédric Gervy enchaîne ses titres sur la scène de la Tour devant un public amusé. Il faut dire que celui qu’on qualifie souvent du « roi des jeux de mots » connait le festival puisqu’il y a déjà fait une représentation l’année précédente et qu’il se produit entre 30 et 50 fois par an. Sauf que cette année, un des morceaux de Cédric tombe dans l’oreille de membres du MR mécontents des paroles. Le titre en question s’intitule « Miss Maggie » et parodie d’un titre de Renaud sur Margaret Thatcher. Cédric parle, lui, d’une autre Maggie. De Block, ministre sortante de la Santé.

« On avait dit pas le physique, mais c’est toi qui as commencé. Depuis que ses antibiotiques, ma voisine ne sait plus se les payer. Déjà que ce que tu as fait aux migrants, c’était digne de Theo Francken. Et sur tes mains, il y a tellement de sang que tes gros bras pourrissent en gangrène« . Les paroles choquent, notamment le MR Georges-Louis Bouchez qui s’indigne publiquement et promet de saisir Unia, le centre interfédéral pour l’égalité des chances. Pour plusieurs, le phrasé de Cédric Gervy est aussi insultant que grossophobe. De son côté, Unia ne tient pas encore à se prononcer et rappelle que la liberté d’expression est le principe de base et qu’elle est garantie par la Constitution, note SudInfo. Pour Moustique, Cédric Gervy revient sur la polémique et s’explique.

Votre chanson a été qualifiée de grossophobe. Que répondez-vous ?

C.G.: « D’abord, mon but n’était pas du tout de faire le buzz. Je n’avais pas conscience que la caricature était inconcevable. Il ne s’agit pas de grossophobie. Je suis également professeur et j’aborde fréquemment les thèmes tels que la grossophobie ou l’homophobie avec mes élèves pour les éveiller à la tolérance. Mes chansons sont construites selon la même logique que ce que font d’autres humoristes comme Jérôme De Warzée ou Pierre Kroll. Je ne fais pas un specacle à charge politique, il s’agissait juste d’une caricature à ne pas prendre au premier degré. »

Ce n’est pas la première fois que vous interprétez cette chanson. Comment expliquez-vous qu’elle ait été si mal accueillie cette fois ?

C.G.: « La Semo reçoit souvent des artistes qui jouent sur la « polémique ». Il faut savoir que j’ai écrit cette chanson sans particulièrement me documenter précisémment sur les mesures prises par Maggie De Block. Par contre, ce que j’ai constaté, c’est que chaque fois que je l’interprétais dans les associations d’aide aux migrants ou qui luttent pour les droits des personnes en situation d’handicap, les gens étaient émus par mes paroles. Tous s’accordaient à dire que j’avais mis le doigt sur des problèmes réels qu’eux vivent au quotidien et qui sont causés par les mesures de la ministre De Block. Cela fait deux ans que je joue ce morceau et il n’y a jamais eu de problème. Mais comme je cite le MR dans ce titre, ça a été pris comme une attaque frontale et c’est pour ça qu’il y a une levée de boucliers. Je n’attaque pas forcément le MR. J’ai d’autres chansons où je m’en prends à d’autres partis. Il faut comprendre « Miss Maggie » comme une critique par quelqu’un qui est énervé. »

Georges-Louis Bouchez a saisi Unia mercredi matin. Risque-t-il d’y avoir des suites à cette histoire ?

C.G.: « Je ne sais pas, mais si je dois aller me défendre je le ferais. Encore une fois, je ne cherche pas la polémique. J’assume complètement mes propos et je vais continuer à interpréter ce titre sans pour autant en faire ma chanson phare. Il ne faut pas mettre de l’huile sur le barbecue pour rien non plus. Depuis que cette histoire a éclaté, j’essaye de voir uniquement le positif et de me concentrer sur les personnes qui me comprennent et me soutiennent. »

Comment décrirez-vous votre musique ? Quels messages essayez-vous de faire passer ?

C.G.: « L’adjectif que j’affectionne le plus, c’est caustique. Je ne fais pas de la musique cynique. Je suis dans la critique de la société et j’aime chercher des éléments de l’actualité et les remettre en perspective. Et puis il y a aussi une grande part de comique. »

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