Pourquoi la rhétorique raciste de Donald Trump pourrait lui permettre de se faire réélire

Devenu ceinture noire des petites phrases belliqueuses, le président des États-Unis a encore frappé fort. Très fort.

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Dans une tirade raciste sur Twitter, Donald Trump a prié quatre membres du Congrès de «retourner» dans leurs pays « infestés de crimes» si elles n’étaient pas contentes. Les quatre femmes – démocrates et de couleur – visées ont toutes la nationalité américaine. Ayanna Pressley est née à Cincinnati, Rashib Tlaib est née à Detroit et Alexandria Ocasio-Cortez est née à New York. Ihlan Omar est elle née en Somalie; elle est venue habiter aux États-Unis lorsqu’elle était enfant et est devenue citoyenne américaine à l’adolescence.

On le sait, faute de se démarquer sur le plan politique, Donald Trump a opté pour une stratégie pour le moins efficace : diviser et attiser la haine pour obtenir les faveurs d’une frange de la population. Cette technique empruntée au marketing lui assure une couverture médiatique permanente. Mais cette exploitation de l’animosité ambiante peut se révéler extrêmement dangereuse. En faisant comprendre aux citoyens américains qu’ils ne sont pas chez eux si ils n’ont pas les bonnes idées politiques ou la bonne couleur, Donald Trump valide la violence dont des milliers de gens sont victimes.

Des déclarations qui ont évidemment fait réagir une grande partie de la presse nationale et internationale, unanime pour souligner le caractère raciste de ces messages, à l’exception de la chaîne Fox qui a décidé de valider une nouvelle fois les propos du président Américain. Première visée, Alexandria Ocasio-Cortez n’a pas été surprise des mots de Donald Trump. « Je ne suis pas étonnée qu’il use de la rhétorique qui est la sienne quand il viole le droit international des droits de l’homme »

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Nancy Pelosi, la présidente démocrate du Congrès, a tenu à lui répondre « Quand Donald Trump dit à quatre américaines membres du Congrès de rentrer dans leurs pays, il réaffirme que son plan de « Rendre l’Amérique grande à nouveau » a toujours été de « rendre l’Amérique blanche à nouveau ». Notre diversité est notre force et notre unité, notre pouvoir. » Pourtant la rhétorique séparatiste de Trump semble relativement bien fonctionner jusqu’ici. C’est peut-être même ce qui lui permettra de se faire réélire en 2020. C’est en tout cas le constat de certains analystes dont Ben Rhodes, ancien conseiller en sécurité nationale auprès de Barack Obama. Il s’est exprimé à ce sujet dans un tweet éloquent « Trump a lancé sa marque politique il y a huit ans en affirmant que le premier président afro-américain était né en Afrique. Il a toujours été question de racisme et le fait que ça n’ait jamais créé la controverse de l’affirmer fait partie du problème ».

Depuis qu’il a accédé au pouvoir en 2016, le président n’a jamais refréné ses invectives clivantes. Que du contraire, l’homme politique a continué l’escalade en poussant l’affront toujours plus loin. Que ce soit en voulant interdire l’accès au sol américain aux musulmans, en parlant de « caravanes de migrants », en refusant de s’excuser envers « Cinq de Central Park » qu’il avait accusés à tort ou encore en séparant les familles des immigrés clandestins, l’homme joue constamment dans la surenchère. Et pour cause, il est poussé par une base de fervents admirateurs qui n’attendent que ça de lui.

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