“Il existe une réelle envie d’entreprendre chez les jeunes indépendants”

Les jeunes patron(ne)s se lancent plus rapidement dans la vie active qu'avant. L'effet start-up est une réalité intéressante à Bruxelles et en Wallonie

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Le nombre d’indépendants en Belgique n’a jamais été aussi élevé et ces derniers développent de plus en plus d’entreprises innovantes qui engagent. En dix ans, le nombre de jeunes indépendants de moins de 30 ans a augmenté de 43%.  Pour le syndicat des indépendants, cela montre que “l’entrepreneuriat est à nouveau branché”. La loi du 1er  janvier 2017, sur le statut d’étudiant-indépendant a même boosté ce phénomène puisque 12,2 % des jeunes entrepreneurs étaient âgés de 22 à 24 ans en 2018. Une autre étude, menée par une société spécialisée en ressources humaines, Acerta, a même montré que la plupart des étudiants commencent leur activité d’indépendant à 21 ans.

Deux exemples

Au quotidien, les exemples se multiplient comme celui d’Hassan Al Hilou, jeune entrepreur bruxellois. Pour lui, la création de son activité professionelle est une évidence: “J’ai commencé ma première entreprise à 15 ans. Je veux transformer la diversité et montrer qu’il existe de nombreux talents dans l’immigration. Une diversité de 1% génère 3% de profits supplémentaires. Un entrepreneur pour moi, c’est quelqu’un qui veut créer quelque chose et qui veut faire bouger les lignes. Je veux changer les choses.”

Un discours partagé par le patron d’Odoo, Fabien Pinckaers qui a commencé pendant ces études à Louvain-la-Neuve: “Lorsque je me suis lancé, j’étais tout seul dans mon kot. Et puis, j’ai dû apprendre à gérer les relations humaines. Au niveau de la gestion RH,  je n’avais aucune expérience en sortant de l’université mais cela m’a permis de faire quelque chose de différent. Je dis toujours que les erreurs on sait les absorber mais on ne peut pas se permettre de ne pas évoluer. En disant cela, on libère les gens.”

Pas toujours un choix

Récemment, Christine Mattheeuws, la présidente du SNI (Syndicat Neutre pour Indépendants) a montré sa satisfaction devant cette croissance des indépendants: “Cela montre qu’il existe une réelle envie d’entreprendre.” Elle est toutefois consciente que tous ces jeunes indépendants ne le font pas nécessairement par choix: “De nombreux indépendants à titre complémentaire ne franchissent pas le pas parce qu’ils considèrent encore leurs avantages sociaux et un revenu stable comme le filet de sécurité ultime lorsque leurs activités indépendantes sont moins florissantes.” On remarque aussi que les femmes font en priorité ce choix d’indépendants complémentaires pour des professions paramédicales ou intermédiaires (agents immobiliers, représentants commerciaux….).

Ce constat positif concernant l’esprit d’entreprendre, qui peut générer de nombreux emplois (voir l’article Business Modèles dans le dernier Moustique) lorsque l’activité prend forme, ne permet toutefois pas d’oublier une autre réalité: de nombreuses personnes n’ont pas le choix et deviennent indépendants, sans bien souvent avoir reçu les informations indispensables (économies, fiscalités, gestion administrative…), parce qu’elles ne trouvent aucun job d’employé…

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