En Afrique, la lutte contre le braconnage permet l’augmentation des populations de pachydermes

La lutte contre le braconnage opérée ces dernières années sur le continent africain permet aux espèces en voie d'extinction - principalement les rhinocéros et les éléphants - de se développer à nouveau.

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Les nouvelles concernant l’environnement et la préservation de l’espèce animale sont généralement mauvaises. Rares sont celles qui redonnent espoir et sourire. Pourtant il en existe. En si petit nombre qu’elles méritent d’être mise en lumière. Bien qu’interdit, le braconnage continue d’être pratiqué à grande échelle et les autorités tant locales qu’internationales peinent à le contrer. Pourtant, les causes de ces crimes pèsent lourdement sur nos écosystèmes et notre biodiversité. Les animaux chassés étant fréquemment ceux en voie d’extinction.

Le 10 juillet dernier, Interpol et l’Organisation mondiale des douanes menaient une vaste opération anti-braconnage dans 109 pays. Un réel succès puisqu’elle a permis d’interpeller 582 suspects et de mettre la main sur 440 défense d’éléphants et plus d’une demi-tonne d’objets en ivoire. Et les organisations internationales ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin puisque davantage d’opérations devraient avoir lieu dans les mois à venir. Surtout, l’affaire a permis de sauver des milliers d’animaux – quelque 4.300 oiseaux, 10.000 animaux marins ou encore 30 fauves – détenus en captivité. Ces deux dernières années, Interpol avait mené des actions similaires.

Le retour des pachydermes

Massivement combattu, le braconnage recule. Mieux, la lutte porte ses fruits dans certains pays, comme la Tanzanie, où les populations d’éléphants et de rhinocéros ont commencé à augmenter. Selon le quotidien français Le Monde, le démantèlement de réseaux de braconnage industriel et la condamnation de célèbres visages du braconnage – comme celui de la chinoise surnommée « la reine de l’ivoire » – ont permis de préserver les espèces et d’assurer leur reproduction. « Grâce au travail d’une unité spéciale formée en 2016 pour lutter contre le braconnage, les populations d’éléphants sont passées de 43.330 en 2014 à plus de 60.000 aujourd’hui« , détaillait la présidente de l’unité dans un communiqué. Même son de cloche du côté des rhinocéros qui sont passés de 15 à 167 en quatre ans. Une étude publiée dans la revue Nature Communications le 28 mai tirait un constat similaire : le braconnage des pachydermes a diminué de plus de moitié entre 2011 et 2017.

Au Kenya, de nouvelles technologies ont été imaginées pour lutter cotnre le braconnage. Fixées à un mât, des caméras à 360° filment les zones des réserves naturelles et relaient des images de surveillance H24. D’autres procédés devraient être prochainement utilisés comme des puces électroniques permettant de localiser en temps réel la position des animaux.

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Ombres au tableau

Si davantage de dispositifs sont mis en place pour préserver les animaux sauvages contre les braconniers, le chemin est encore long. Surtout quand on se tourne vers l’Asie – en particulier la Chine – qui reste le plus gros importateur de défenses et de autres. Fin 2018, Pékin autorisait puis interdisait à nouveau le commerce de produits à base de tigres et de rhinocéros, deux espèces en voie d’extinction. Bien qu’elle semble progresser, l’Asie peine à interdire définitivement le commerce des espèces protégées.

Chaque année, ils sont entre 20.000 et 25.000 éléphants à être braconnés sur le continent africain. L’été dernier, 90 d’entre eux avaient été massacrés au Botswana, pays pourtant relativement épargné du drame. Au début du siècle précédent, les éléphants étaient estimés entre trois et cinq millions en Afrique, aujourd’hui, ils ne seraient plus que 415.000. En Belgique, le constat n’est pas forcément incroyable non plus. En 2018, l’Unité anti-braconnage de l’administration wallonne a dressé 726 procès-verbaux. Une augmentation de plus de 40% par rapport à l’année précédente. Oui c’est vrai, on avait commencé en disant que cet article traitait d’une bonne nouvelle.

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