Quel bilan pour les camps zéro déchet des mouvements de jeunesse ?

Qu’ils soient aidés ou pas, la motivation des Chefs (Scouts, Guides, Patros etc.) qui se sont engagés à mener à bien le projet d’un camp zéro déchet semble avoir porté ses fruits… Reste tout de même quelques leçons à tirer.

©Louise Fery

Les marches pour le climat passées, les étudiants wallons semblent n’avoir rien perdu de leur ferveur. Le mois de juillet bien entamé, ils sont nombreux à avoir opté pour l’option du camp « zéro déchet ». Les Guides de Ciney en camp à Dourbes se lançaient dans l’aventure pour la première fois cette année. Leur camp se termine le 15 juillet et pour l’instant elles s’en sortent avec 2 sacs poubelles. L’année passées elles en comptaient 7 ou 8.

Les chefs s’y étaient préparés des mois à l’avance mais Louise Fery, chef Guide, reconnaît qu’elles auraient pu mieux faire encore :  « Pour l’année prochaine, on sait qu’on devra davantage prévoir l’imprévu, éviter les plats trop compliqués et sensibiliser encore plus les animées au fait que même hors camp, on ne peut pas consommer de plastique. Ce qui signifie qu’on n’accepte pas les biscuits emballés qu’on nous offre et ce genre de choses. » Elle illustre : « Je suis allée avec elles faire les courses pour le concours de cuisine et elles pensaient que si on laissait l’emballage du pot de basilic dans le rayon, le magasin allait le réutiliser. Elles pensaient que le but était de ramener le moins de déchets au camp, mais non ! » 

Et puis il y a les unités qui ont été accompagnées par l’association Zero Waste Belgium et pour lesquelles l’organisation a semblé légèrement plus facile. Lundi, Marc Sautelet, chargé de projet pour Zero Waste Belgium, est allé visiter un camp de Baladins (scout(e)s âgé(e)s de 6 à 8 ans). « Ils avaient fait moins d’un sac », constate-t-il.

Bénéfique mais éprouvant

L’association propose des formations aux chefs centrées sur l’alimentation, la gestion des déchets, l’hygiène, le matériel d’animation et la sensibilisation des animés. « Il ne faut pas oublier que ce sont des étudiants qui gèrent les camps, ce qui veut dire qu’ils ont parfois aussi besoin d’accompagnement, ne serait-ce que pour trouver des producteurs locaux » explique Marc Sautelet.

Et si l’expérience est incontestablement bénéfique pour la planète, elle n’en reste pas moins éprouvante pour les foulards aux multiples couleurs. « A terme on va essayer de faire des fiches pour que l’information soit disponible au plus grand nombre » poursuit le chargé de projet pour Zero Waste Belgium.

Pour encourager les initiatives de ce type, l’Agence Wallonne pour la Promotion d’une Agriculture de Qualité (Apaq-W) proposait des subsides à hauteur de 7€ par participant avec un plafond de 600€ par camp. Une condition : prouver l’intention d’acheter des produits locaux en Région Wallonne.

Résultat des courses ?

Les Guides de Ciney ont soumis leur demande à une Agence Wallonne qui semble un brin dépassée par les évènements. « Elle a été contrainte de faire un ratio en fonction du nombre d’animés parce qu’il y a trop de camps qui passent au zéro-déchet » explique la Chef Guide Louise Fery.

Toujours est-il que leur budget de camp est plus élevé que les années précédentes. « C’est vrai qu’on a la chance d’avoir un magasin où on peut acheter pâtes, quinoa, fruits et légumes en vrac à 10 minutes de notre camp. Mais acheter durable, cela a un prix : le quinoa est à 13€/kg, le fromage est bien plus cher aussi qu’en grande surface. Il n’y a que les fruits et les légumes qui se démarquent un peu. La première semaine on a dépensé 2.500 euros ! » déclare vigoureusement Louise.

Au-delà du Zéro-Déchet

Comme le résume assez justement Sébastien Renouprez, animateur fédéral de gestion chez Les Scouts : « On va au-delà du « zéro-déchet », qui est un terme marketing qui fonctionne bien ». L’idée fait son chemin du côté du cabinet de Carlo Di Antonio, Ministre wallon de l’Environnement et de la Transition Écologique en Fédération Wallonie-Bruxelles.

En ce moment, 15 projets-pilotes de camps verts sont observés à la loupe en vue de mettre en place un label « Camps Durables ». Une reconnaissance officielle qui ne changera pas grand-chose pour les mouvements de jeunesse wallons mais qui permettra d’encourager les initiatives qui tendent vers la transition écologique.

©Louise Fery

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