Taboob, quand Instagram décide-t-il qu’un sein est un sein ?

Pour démontrer la censure grotesque opérée par le réseau social sur les poitrines féminines, la page créée par deux photographes belges, Taboob, publie des photos de seins plus farfelues les unes que les autres.

taboob

Des seins dans un cornet de glace, ornés de bonbons ou coincés dans un sandwich à la manière d’un hot-dog. Depuis le début du mois de juillet, cette nouvelle page Instagram tente de contrer la censure que le réseau social impose quand il s’agit de tétons de femmes.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

#taboob nr 18

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#taboob nr 8

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Parce que c’est bien leurs tétons qui posent problème. Fin 2018, la photographe belge, Charlotte Abramow, nous expliquait le fonctionnement absurde d’Insta qui supprime les photos où des tétons de femmes apparaissaient mais laissaient en ligne celles exhibant des poitrines masculines. Dès qu’elle publie une photo de fille topless, la publication est signalée et supprimée en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Pour les hommes par contre, le réseau social est plus conciliant. Un téton d’homme serait-il à ce point plus choquant que celui d’une femme ?

Cette censure pousse en tout cas les photographes à flouter les tétons de la gent féminine ou à les remplacer par des emojis comme le font par exemple les photographes français Théo Gosselin ou Maud Chalard.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

@lisegardo @violainekhal in Sweden #theogosselin #friends #winter #piano #film

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Pornographie VS éducation sexuelle

Pour dénoncer le manque de cohérence appliqué par le géant des réseaux sociaux, la nouvelle page Taboob a choisi de tester ses limites. Tous les jours, une nouvelle photo d’un sein mis en scène est publiée. Fréquemment, elle ne reste visible qu’une poignée d’heures et se voit supprimée peu de temps après par les robots d’Insta. Sur un site internet à part, les deux créateurs – deux photographes belges – de Taboob répertorient l’ensemble des photos diffusées, supprimées ou pas. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’Instagram agit effectivement de façon insensée et qu’il n’est pas possible de tirer de conclusions quant à ce qu’il considère comme un téton choquant ou pas.

Quoi qu’il en soit, cette page soulève encore la grande question de la censure exercée sur les réseaux sociaux. Il y a quelques mois, Instagram supprimait le compte Jouissance Club qui ne publie pourtant que des dessins qui promeuvent l’éducation sexuelle. Impossible de détailler ce que le réseau social accepte d’héberger sur sa page ou pas. Pour la fondatrice de Jouissance Club, le problème réside surtout dans le fait qu’Instagram ne fait pas la différence entre pornographie et le reste.

Au cœur du débat figure encore et toujours la question de l’égalité des sexes et de la perception du corps des femmes. Pourquoi un téton féminin est-il perçu comme un scandale à absolument cacher alors qu’exposer celui d’un homme (sensiblement le même on ne va pas se mentir, à quelques poils près peut-être, et encore) reste acceptable ? Lors de la canicule survenue il y a quelques semaines, Moustique se questionnait quant à la possibilité pour une femme de se promener seins nus. Mis à part une loi belge relativement floue, rien ne stipule clairement qu’elles n’en ont pas le droit. Le problème est ailleurs. Les seins continuent à être des organes sexuels à cacher à tout prix.

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