315 espèces ont disparu en Belgique

Plus de 10 % des espèces historiques du pays sont éteintes. 35 % des restantes sont quant à elles menacées. Pour les sauver, un engagement international de taille se fait attendre.

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La biodiversité mondiale est en danger à cause des menaces qui pèsent sur l’environnement telles que le réchauffement climatique, la pollution, les déforestations, la surconsommation de viande,… Les rapports successifs arrivent tous aux mêmes conclusions. En Belgique, un animal ou végétal sur dix a déjà disparu des radars. Depuis 1850, cela fait un total de 315 espèces éteintes. Cette période d’extinction n’est pas terminée. Plus d’une espèce encore en activité sur trois serait à son tour en péril…

Un reptile sur deux en danger

Selon la dernière étude publiée par Statbel, les reptiles (57,1 % risquent de disparaître), les fourmis (52,9 %) et les amphibiens (43,8 %) sont les premiers concernés. Les vertébrés (26,8 %), les mammifères (28,4 %) et les oiseaux (29,9 %) sont également en danger d’extinction. Dans son dernier rapport, le WWF est un peu plus précis. Cette menace pèserait principalement sur les oiseaux des milieux agricoles comme les moineaux, les alouettes des champs ou la perdrix grise. L’usage des pesticides nuit en outre aux papillons dont 18 espèces sur 115 se sont éteintes ces dernières années en Belgique. 13 sont actuellement menacées. À l’échelle internationale, le rapport « Planète Vivante » de WWF table sur une perte de 60 % de notre biodiversité depuis les années 70. Ce taux pourrait atteindre 67 % d’ici la fin de l’année 2020.

© Adam Muise / UnsplashLa menace pèserait principalement sur les oiseaux des milieux agricoles comme les moineaux… © Adam Muise / Unsplash

Cette situation inquiétante n’est heureusement pas une fatalité. « On n’arrivera peut-être pas à préserver certaines espèces aux besoins plus particuliers. […] Mais on peut encore agir », affirme le professeur assigné à l’unité Biodiversité et Paysage de l’Université de Liège Grégory Mahy. Il évoque notamment la création d’un Observatoire de la Biodiversité en Région wallonne et l’amélioration de la formation des acteurs de terrain. Il prend l’exemple du secteur de la construction. « Dans les projets immobiliers, étangs ou espaces verts sont de plus en plus souvent inclus. Bien sûr, il faut se demander à quel point les entreprises qui prétendent s’en soucier font du greenwashing. Toujours est-il qu’on parle davantage de biodiversité. »

Une convention décisive

Conscientiser les acteurs belges à ce problème ne sera cependant pas suffisant. La dégradation de la biodiversité touche tous les continents et un éventail très vaste d’espèces allant de la loutre d’Europe, qu’on voit encore très rarement près de la Lesse, au lion d’Afrique. Or jusqu’ici, les politiques internationales communes ont toujours été insuffisantes. En octobre 2020, la Convention internationale de l’ONU sur la Biodiversité qui aura lieu en Chine pourrait être décisive.

Pour en savoir plus, lisez notre article « Biodiversité: le prochain combat écolo » dans le Moustique de cette semaine. Rendez-vous en librairie à partir de ce mercredi ou dès maintenant sur notre édition numérique, sur iPad/iPhone et Android.

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