Une nouvelle « crise climatique » chaque semaine : la mise en garde des Nations Unies

Les pays en développement doivent désormais s'attendre à une multiplication des catastrophes naturelles causées par le dérèglement climatique. Afin de les préparer au mieux aux diverses répercussions, la communauté internationale – dont la Belgique – devra consentir à davantage d'efforts pour les aider.

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Vous avez probablement entendu parler des cyclones Idai et Kenneth qui ont frappé le Mozambique (photo), ou de la grave sécheresse qui sévit actuellement en Inde, mais de nouvelles catastrophes climatiques dont vous ignorez l’existence se produisent environ chaque semaine, bien que la plupart n’attirent que peu d’attention de la part de la communauté internationale. Les médias n’en font pas trop échos chez nous. La faute, notamment, à la notion de « morts au kilomètre ». Des efforts solidaires sont pourtant nécessaires pour préparer ces pays à faire face aux répercussions, a averti l’ONU, et des investissements doivent être réalisés dès à présent.

Selon les estimations, le coût des catastrophes liées au dérèglement climatique s’élèverait à 520 milliards de dollars par an (460 milliards d’euros), tandis que le coût supplémentaire de la mise en place d’infrastructures résistantes aux effets du réchauffement global ne serait que d’environ 3%, soit 2,7 milliards de dollars (2,4 milliards d’euros) au total au cours des 20 prochaines années. « Cela ne représente pas beaucoup d’argent [dans le contexte des dépenses d’infrastructures], mais les investisseurs n’en font pas assez », estime Mami Mizutori, représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU pour la réduction des risques de catastrophe dans un article du Guardian.

Les efforts impliqueraient de normaliser les normes applicables aux nouvelles infrastructures, telles que les logements, les réseaux routiers et ferroviaires, les usines, les réseaux de distribution d’alimentation en eau, de manière à les rendre moins vulnérables aux effets des inondations, sécheresses, tempêtes et conditions météorologiques extrêmes. Jusqu’à présent, les travaux sur la crise climatique ont principalement porté sur « l’atténuation » – un mot utilisé dans le jargon pour désigner les mesures de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (à ne pas confondre avec l’atténuation des effets de la crise climatique).

Vision global des risques

Selon l’ONU, un grand nombre de catastrophes de moindre impact seraient évitables si les populations étaient prévenues des phénomènes météorologiques violents, si de meilleures infrastructures telles que des dispositifs de protection contre les inondations ou un accès à l’eau en cas de sécheresse existaient, et si les gouvernements étaient plus conscients des zones les plus vulnérables… Et problème ne se limite pas non plus aux seuls pays en développement. Le dérèglement climatique est un défi global auquel les pays riches sont également confrontés. Les récents feux de forêts aux États-Unis et la dernière vague de chaleur en Europe l’ont encore prouvé. 

« Des solutions basées sur la nature« , telles que l’expansion de mangroves et le replantage de forêts et de zones humides qui pourraient constituer des obstacles naturels aux inondations, devraient être une priorité, a déclaré Mami Mizutori. De même que les réglementations sur les normes de construction doivent également être mises à jour et bien appliquées. Dans les pays en développement, les personnes les plus vulnérables (les précarisés, les femmes, les enfants, les personnes âgées, les handicapés et les personnes déplacées) vivent dans des quartiers pauvres sans accès aux commodités de base. Ils sont les premières victimes du dérèglement climatique.

Source : The Guardian

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