La Californie serait-elle prête à affronter le Big One ?

Les deux puissants séismes de la semaine dernière rappellent que la Californie doit se préparer au pire. Reviennent automatiquement en tête les conséquences des catastrophes de 1906 et de 1989.

1200x768_routes-endommagees-pres-ridgecrest-seisme-secoue-californie-sud-4-juillet-2019-cause-degats-majeurs

Une épée de Damoclès. C’est comme cela qu’est vu le terrible tremblement de terre qui doit toucher la Californie dans les décennies qui arrivent. Ces derniers jours, alors que deux séismes de magnitude 6,4 et surtout 7,1 sur l’échelle de Richter ont frappé la cote ouest des Etats-Unis, provoquant notamment d’impressionnats incendies, les habitants craignent de voir débarquer celui que l’on nomme The Big One (soit « le gros »), un séisme dépassant la magnitude de 8,5. En cause : la faille de San Andreas qui fait office de bombe à retardement. Traversant les terres californiennes sur 1300 kilomètres, elle devrait se rompre sur 300 kilomètres du Sud vers le Nord, provoquant le tremblement de terre tant redouté.

Ce n’est que la première apogée d’une série de mille séismes apparus depuis un bon mois dans l’Etat et que les experts appellent le « swarmaggedon » (« le déferlement du siècle » en VF). Les grosses villes se préparent fébrilement à affronter un tremblement de terre d’une magnitude de plus de 8,5. Bref, c’est la panique totale en Californie, qui se rappelle avec douleur les conséquences de la catastrophe de 1906 ayant ravagé San Francisco. Suite à un tremblement de terre de 7,8 sur l’échelle de Richter, la ville avait été détruite à 80%, 28 000 bâtiments s’étaient effondrés, plus de 3000 personnes y perdirent la vie et trois habitants sur quatre se retrouvaient sans toit. On estime qu’un tel séisme aujourd’hui dans cette zone ultra-peuplée entre Los Angeles, San Diego et San Francisco provoquerait la mort de 1800 Californiens, en blesserait plus de 50 000 et couterait plus de 200 milliards de dollars.

150 ans après

Des Californiens qui ont déjà cru avoir affaire au Big One en 1989, lorsqu’un séisme de magnitude 6,9 avait, en quinze secondes, ôté la vie à 67 personnes, blessé 3000 autres et fait pour 20 milliards de dollars de dégât. Aussi puissants soient ces deux séismes, ils ne font encore qu’approcher la vigueur du Big One. Selon des spécialistes, la dernière fois que la faille de San Andreas a dépassé les 8, c’était en 1857. Et vu qu’elle semble se réveiller tous les 150-200 ans, on comprend que les Californiens redoutent le pire.

Histoire de les rassurer un peu, une sismologue américaine, Lucy Jones, a tenu à préciser que les deux tremblements survenus en fin de semaine dernière ne provenaient pas de la faille de San Andreas. Mais ils ont le mérite de raviver un spectre parfois négligé dans la région. Car si l’on en parle avec effroi, le Big One demeure un fantasme dans la tête de nombreux Californiens. Les autorités déplorent d’ailleurs qu’une large majorité des foyers de Californie du Sud ne soient pas du tout équipés face aux risques d’un important séisme.

Cela dit, quand bien même, puisque malgré des investissements importants dans la rénovation des infrastructures, dans la formation en cas de catastrophe et dans les systèmes d’alerte, les services prévoient déjà d’être débordés le jour venu. Chaque Californien devra donc compter sur lui-même. « Je n’ai pas vraiment de plan, simplement rester sous le bureau à la maison, avec un sac rempli de vivres », raconte Andrea Becino, une habitante de Los Angeles interrogée par l’AFP. Tandis qu’un ingénieur précise que les gens ont nettement moins confiance en leurs buildings depuis ce week-end. « C’est comme si nos esprits avaient été plus secoués que nos immeubles ».

Sur le même sujet
Plus d'actualité