Votre enfant vous coûtera 500€ à la fin de l’été

L'été de nos enfants peut parfois nous coûter une fortune. Cependant, l’investissement vaudrait la peine: stages et autres activités sont bons pour leur développement. Et pour l’économie.

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Trouver où caser ses enfants pendant l’été est un vrai casse-tête pour les parents qui ne peuvent pas pour la plupart quitter le bureau pendant deux mois. Hormis durant les quelques semaines passées à l’étranger ou à la mer, les enfants en congé scolaire alternent donc les stages, les camps de vacances ou le séjour chez les grands-parents. Certains parents préfèrent en outre prendre leurs congés séparément pour se partager la garde. Selon une étude européenne menée par le bureau Opinium Research, les parents dépensent donc en moyenne entre 400 et 500 € pour chacun de leurs enfants pendant les mois de juillet et août. Les trois quarts de cette somme sont réservés aux activités et le quart restant, à couvrir les frais supplémentaires consacrés aux dépenses ménagères inexistantes lorsqu’il y a école (ils mangent plus, usent plus d’électricité, d’eau, il y a plus de trajets en voiture effectués, etc.). Cette récente étude évoque de plus le fait que les dépenses seraient plus élevées en fin d’été qu’au début. La cause: 56 % des parents    indiquent rencontrer des difficultés pour divertir leurs enfants pendant 9 semaines. Alors, à la fin, la facilité l’emporterait souvent… 

Parfois, la facture est bien plus élevée. À en croire cette étude réalisée en 2017 par la Ligue des familles, 74 % des parents déclarent que leur enfant participe à des activités durant les congés scolaires d’été comme des stages ou des camps de vacances. La plupart inscrivent leurs enfants pour une durée de 2 à 4 semaines. Seuls 6 % les y envoient pour plus de 6 semaines. 30 % d’entre eux confient payer plus de 500 € par tête blonde (ou grand ado) et 13 %, avoir dû demander une aide financière, voire ouvrir un crédit à la banque. Par ailleurs, 24 % des familles interrogées aimeraient bien inscrire leurs enfants, mais n’en ont tout simplement pas les moyens financiers.

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“Toutes les familles, tous les enfants ont pourtant besoin de ces activités extrascolaires pendant les congés et singulièrement l’été, réagit Amélie Hosdey- Radoux, chargée d’études à la Ligue des familles. C’est fondamental pour leur santé et leur bien-être. Ça leur permet de découvrir des loisirs, de nouvelles expériences, d’apprendre un tas de choses, de se faire des amis. Ce n’est pas pour rien que le repos et les loisirs sont un droit depuis la Convention internationale relative aux droits de l’enfant entrée en vigueur en 1989.” En Belgique trois décrets (décret sur la coordination de l’accueil des enfants durant le temps libre et au soutien de l’accueil extrascolaire, décret sur la reconnaissance et au soutien des     écoles des devoirs; décret relatif aux centres de vacances) garantissent ce droit. “Dans les faits il persiste de nombreuses difficultés d’accessibilité à l’offre existante. À part le coût, il y a les problèmes d’horaires. Les stages finissent souvent vers 15 h quand les parents travaillent encore. L’offre n’est pas égale dans toutes les communes…” 

L’ennui, c’est gratuit

Pour améliorer les choses, la ministre Greoli a lancé avec l’ONE une Commission “Accueil temps libre” en Fédération Wallonie-Bruxelles. Il revient toutefois à la prochaine législature de lui donner vie. “Il faut une augmentation du budget octroyé aux activités extrascolaires. Actuellement, lors de l’ouverture d’une nouvelle structure, c’est le même budget qui est partagé entre plus de monde, regrette Hosdey-Radoux. Alors les organisateurs de stages augmentent leurs tarifs, car ils reçoivent moins.” Il existerait également un problème de communication, les parents ne connaissant tout simplement pas les options qui s’offrent à eux. Sur My Kids & Holidays, la Ligue des familles rassemble par exemple diverses occupations d’été, mais la liste est loin d’être exhaustive. 

Le secteur du stage d’été et des camps de vacances n’est pas le seul à profiter de l’aubaine économique estivale. Les attractions de loisirs de Wallonie et de Bruxelles attendent aussi cette période avec grand intérêt. Difficile de chiffrer le poids purement économique du secteur, mais le taux de fréquentations explose évidemment en juillet-août. “Même pour les activités qui attirent moins de monde, faute d’excursions scolaires, ça rapporte plus d’argent par visiteur. Les tarifs pour les particuliers sont logiquement plus élevés, commence le directeur d’Attractions et Tourisme Wallonie Michel Vankeerberghen. Les activités en extérieur comme Walibi ou Pairi Daiza ont énormément de succès auprès des familles et des enfants, malgré le prix parfois onéreux pour certains foyers.” Les nouvelles conditions météorologiques qu’on connaît depuis deux étés changent la donne. “On observe que les familles sont de plus en plus attirées par les endroits frais comme les grottes et les cavernes de Wallonie. À l’inverse, à cause de périodes plus sèches, les rivières, les descentes en kayak ont plus de difficultés vu le manque d’eau.” Néanmoins, occuper non-stop ses enfants  ne serait pas forcément la meilleure idée. Les laisser s’ennuyer quelques jours pendant l’été serait bon pour leur développement et leur créativité. Et ça,    au moins, c’est gratuit.

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