Pourquoi Charles Michel touchera 32.700 euros par mois

Les salaires des leaders européens font la une de certains journaux à sensation. Si certains pensent qu'il faut les revoir à la baisse, personne ne conteste la difficulté de leurs missions. Contrairement à ce qu'on entend parfois, ce ne sont pas des "planqués".

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Certains partis politiques très à gauche comme le PTB voudraient diviser la rémunération par trois. Il est vrai que les salaires des leaders européens peuvent paraître énorme. En tant que président du Conseil, Charles Michel devrait toucher 32.700 euros par mois, comme c’était le cas de son prédécesseur polonais Donald Tusk. « La question des salaires est un débat en soi. Les responsables européens sont-ils trop payés? Chacun a son avis. Toujours est-il que ce ne sont pas des jobs de « planqués ». Le travail des élus est énorme », commence la spécialiste des affaires européennes et professeure à l’ULB Amandine Crespy.

Charles Michel, en effet, n’aura pas beaucoup de repos pendant son mandat qui débutera le 1er décembre, bien que le Conseil ne se réunisse qu’une fois par mois. Son job sera de préparer ces réunions entre les 28 (bientôt 27 après le Brexit) chefs d’État et de gouvernement qui y participent. « Il devra proposer des compromis entre les différentes positions exprimées sur des sujets comme les accords de libre-échange, les politiques climatiques, les politiques internes et externes… Ça demande de maîtriser les dossiers, de mener des rencontres diplomatiques en dehors des réunions officielles. »

Grand salaire, grandes responsabilités

Le salaire de Charles Michel s’inscrit dans les pratiques ordinaires des hautes fonctions européennes. La prochaine présidente de la Commission Ursula von Der Leyen devrait toucher la même somme (32.700 euros). Christine Lagarde, nouvelle élue à la présidence de la Banque centrale (BCE), devrait gagner 31.777 euros par mois. Elles auront toutes les deux énormément de travail, mais également des responsabilités particulièrement importantes. « Le Président de la Commission doit, en accord avec les chefs d’États et de gouvernement, créer des directives ou des recommandations. Mais aussi dégager des initiatives qui seront ensuite soumises au Conseil et au Parlement. »

La Française doit quant à elle gérer la politique monétaire en autonomie. « Son prédécesseur Mario Draghi a gardé les taux d’intérêt très bas. Le job de Christine Lagarde sera de décider s’il faut poursuivre cette politique ou remonter les taux en vue d’une éventuelle nouvelle crise économique. » Peu de monde voudrait en réalité être à sa place. Car en cas de crise, dont on sait les conséquences dramatiques, elle sera tenue pour responsable.

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Les « pauvres » élus

Cette semaine, deux autres hauts postes ont trouvé preneurs. L’Espagnol Joseph Borrell commence un mandat en tant que chef de la diplomatie. « Il doit représenter l’Union sur la scène internationale et susciter des positions communes entre tous les pays européens sur des sujets importants tels que le nucléaire iranien et la situation au Moyen-Orient. » Il touchera mensuellement pour cela 24.000 euros brut.

De tous les nouveaux arrivés, le moins bien loti est incontestablement le président du Parlement, l’Italien David Sassoli. Il ne gagnera pas plus qu’un député, soit un peu plus de 8.750 euros brut par mois, sans les frais et primes éventuelles. Ses missions sont pourtant essentielles. Il devra augmenter la visibilité de cette institution trop longtemps méprisée et appuyer les relations entre les différentes institutions européennes.

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