Le beau monde de Vincent Peiffer: Lettre à Theo

Tout à coup, la N-VA veut parler avec le PS, qui ne veut pas. Et Theo ne comprend pas…

belgaimage-145534568-full

Monsieur Francken, cher (?) Theo… Je t’écris cette mini-bafouille suite à ton dernier tweet: “Le PS refuse toute discussion avec nous, alors que nous ne refusons pas”. Ouvre bien grands tes neurones, je vais t’expliquer pourquoi.

D’abord, tu devrais être content puisque grand chef Bart, avant les élections, avait lancé une double exclusive: jamais avec les socialistes, jamais avec les Verts! Maintenant que la N-VA a perdu plus de 7 % le 26 mai (au profit du Belang), vous voilà un peu beaucoup la zigounette entre les jambes, à quémander le contraire: parler à l’horrible PS. Ça fait mal au derrière. Et je sais, dans l’autre sens, Charles Michel avait fait de même il y a 5 ans, contre l’avis des franco-phones, y compris ceux de ses propres électeurs grugés. Mais voilà, peut-être qu’au PS, chez les Verts, au cdH, au PTB et chez Défi (80 % des francophones), quand on dit niet aux nationalistes, c’est niet. Point.

Et pour discuter de quoi, au fait? Je re-cite grand chef Bart: “On discutera avec le PS uniquement pour parler confédéralisme”. Donc d’une pré-scission de la Belgique. Ah ben non. Parce que nous, francophones qui comptons quand même un peu même si ça te gratte, on ne veut pas de ton confédéralisme mortifère. Et tu sais quoi? Une grosse majorité de Flamands non plus. Un sondage révélait la semaine passée que 23 % des Flamands voulaient la scission du pays. Ce qui veut dire? Oui, Theo: que 77% n’en veulent pas. Que 77% des Flamands veulent une Belgique solidaire. Et ce n’est pas parce que tes 23 % gueulent plus fort sur les réseaux sociaux qu’ils ont raison. Tu en déduiras donc que l’immense majorité des Belges n’en veut pas. Donc pourquoi palabrer dans le vide?

Et puis, Theo, il y a surtout l’autre truc: la N-VA fricote de plus en plus allègrement avec les Vlaams Belang. Grand chef Bart les reçoit comme des princes et envisage même de gouverner la Flandre avec eux. Nous, en Wallonie et à Bruxelles (rappel: pas un élu d’extrême droite), comme on a un peu de mémoire et quelques principes, ça nous fait des rots. Et quand un nazillon comme Dries Van Langenhove prête serment à la Chambre, voir la N-VA l’applaudir gaiement, ça nous donne la gerbe. Et on n’aime pas gerber. Vu?

Cet article est issu de notre magazine papier. Pour plus d’infos qui piquent, rendez-vous en librairie à partir de ce mercredi ou dès maintenant sur notre édition numérique, sur iPad/iPhone et Android.

Sur le même sujet
Plus d'actualité