Migration : la terrible photo qui met l’Amérique de Trump face à ses responsabilités

Après la photo du jeune Aylan, un nouveau cliché de mort par noyade fait le tour du monde et illustre la cruelle réalité endurée par les réfugiés. Le prix à payer pour susciter l'émotion de l'opinion publique ?

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Deux corps, celui d’un homme et d’une enfant, échoués le long du rivage du Rio Grande, les visages enfouis dans l’eau… Avec ce cliché d’un migrant salvadorien et de sa fille de 23 mois, morts noyés en tentant de traverser le fleuve Rio Grande pour passer clandestinement aux États-Unis depuis le Mexique, la photographe Julia Le Duc, de l’agence Associated Press (AP), a provoqué une vive émotion outre-Atlantique. La photo – qui fait à présent le tour du monde – rappelle celle du jeune Alan Kurdi (initialement orthographié Aylan), réfugié syrien retrouvé mort noyé sur une plage turque le 2 septembre 2015. Il avait 3 ans.

Les deux corps ont été retrouvés lundi dans les environs de Matamoros, dans l’Etat mexicain de Tamaulipas, selon un rapport de la justice mexicaine, rapporte l’agence Belga. Selon ce rapport, le père, un cuisinier âgé de 25 ans, la mère, âgée de 21 ans, et leur petite fille sont arrivés la semaine dernière à Matamoros après avoir traversé tout le Mexique. Dimanche après-midi, la famille a décidé d’essayer de gagner à la nage la rive américaine du Rio Grande, accompagnée d’un ami. Le père a pris l’enfant sur son dos en la calant à l’intérieur de son t-shirt pour traverser le fleuve. Mais, emportés par des courants violents, tous deux se sont noyés sous les yeux de la mère, laquelle a pu retourner en vie sur la rive mexicaine, selon les explications qu’elle a fournies aux autorités locales.

Tensions politiques

Tandis que le gouvernement mexicain est la cible de vives critiques ces derniers jours pour son attitude envers les migrants, le président américain Donald Trump a menacé fin mai d’imposer des droits de douane sur tous les produits mexicains importés aux Etats-Unis si les autorités mexicaines ne freinaient pas la « vague » de migrants clandestins en provenance d’Amérique centrale. Le 7 juin, les deux pays sont parvenus à un accord: les États-Unis ont donné 45 jours au Mexique pour prendre des mesures…

En attendant, le président américain a lancé sa campagne pour sa réélection la semaine dernière à Orlando (Floride). S’il devait être reconduit pour quatre années supplémentaires en 2020, ce délai pourrait lui permettre de réaliser l’une de ses grandes promesses électorales : bâtir son fameux mur à la frontière mexicaine

Belga Images

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