Voyagera-t-on bientôt en avion 100 % électrique?

La semaine dernière au salon du Bourget, les leaders de l'aéronautique ont tous affirmé parier sur l'électrique. À ce stade, aucun bolide destiné au grand public n'est pourtant à espérer.

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Le rêve d’une aviation civile propre qui ne produit pas un seul gramme de CO2 plane au-dessus du secteur de l’aéronautique, extrêmement polluant. Encore la semaine dernière au salon du Bourget, cette messe de l’aéronautique, les géants du secteur que sont Boeing, Airbus, etc. affirmaient leur volonté de nettoyer leur industrie responsable de 2 à 3 % des émissions de dioxyde de carbone mondiales. Pour la première fois de l’histoire, les industriels de Eviation aircraft ont dans ce cadre présenté un avion 100 % électrique capables de transporter… neuf passagers en plus des deux pilotes sur 1.000 kilomètres maximum. « Alice » – c’est son nom – devrait entrer en service en 2021 ou 2022 au plus tard. La compagnie régionale américaine Cape Air pourrait être la première à l’exploiter.

Tour du monde électrique

Avant ce prototype, on avait déjà pu s’émerveiller devant le tour du monde du Solar Impulse en 2016. De l’envergure d’un Boeing 747, mais 170 fois plus légers, ce dernier avait réussi la prouesse de parcourir plus de 43.000 kilomètres sans une goutte de carburant. Ses 17.000 cellules photovoltaïques lui permettaient cependant de ne transporter que… le pilote et son copilote. D’autres projets de ce type, notamment le E-Fan de Airbus, ont eux été avortés face à la difficulté du challenge.

Il n’est donc pas demain la veille que vous partirez en vacances à bord d’un bolide 100 % électrique. Ce marché semblant être réservé, pour le moment du moins, aux très aisés aux vues du nombre limité d’avions et de sièges passagers disponibles. Malgré les rêves de l’industrie, des écolos et des voyageurs, il demeure plusieurs difficultés empêchant la création d’un appareil sans CO2. D’abord, la capacité des batteries existantes ne permet pas de soulever le poids d’un Boeing 787 sur une distance aussi longue que la traversée de l’Atlantique. Les meilleures batteries peuvent stocker seulement 40 fois moins d’énergie qu’un réservoir à kérosène de la même dimension. Les avions deviendraient donc trop lourds.

Le kérosène brûle plus vite

Ensuite, même si cela était possible, ces batteries gigantesques reviendraient « deux à trois » plus chers que le kérosène. Il faudra du temps et des innovations pour que ça change. Enfin, les pilotes doivent être capables de récupérer de l’énergie extrêmement rapidement pour réagir aux changements de pression atmosphériques et lutter contre la gravité. Or le kérosène est transformé en énergie plus rapidement. Il n’est donc vraisemblablement pas sérieux de penser qu’on pourra se passer du kérosène avant au moins 2050. La première étape de cette transition écologique sera l’aviation hybride, attendue quant à elle pour 2030.

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