Journée mondiale des réfugiés: Amnesty rappelle que la situation est toujours dramatique en Méditerranée

Ce 20 juin marque la journée mondiale des réfugié.e.s. Pour l’occasion Amnesty International a décidé de mener une action symbolique pour rappeler les conditions dramatiques en Méditerranée.

©Audrey Vanbrabant

Ils étaient quelques dizaines à s’être rassemblés aux abords du quai des Péniches de Bruxelles. Banderoles déroulées, slogans placardés, les militants d’Amnesty International entendaient bien regagner l’attention des médias et rappeler que des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants continuent de mourir tragiquement en tentant de fuir leur pays en guerre. « En empêchant à tout prix les migrant.e.s et réfugi.é.e.s d’atteindre les côtes européennes, les États membres de l’Union européenne condamnent des milliers d’êtres humains à un choix cruel : la mort par noyade ou la torture en Libye », tranche le directeur de la section francophone d’Amnesty, Philippe Hensmans.

À l’occasion de la journée mondiale des réfugié.e.s, Amnesty souhaite tirer à nouveau la couverture médiatique sur la condition des migrants. Depuis plusieurs mois « l’attention médiatique est centrée sur des problématiques environnementales – notamment l’importante pollution plastique en milieu marin – pourtant des centaines de personnes continuent de mourir en tentant de traverser la Méditerranée« , explique l’ONG de défense des droits de l’Homme. Amnesty estime que depuis que la lutte contre le réchauffement climatique a pris une place importante dans l’actualité, la condition des migrant.e.s. a quelque peu été mise de côté. Pour cette raison, l’ONG a choisi de baser son nouveau slogan sur le parallèle entre ces deux luttes. 

Une piqure de rappel qu’Amnesty a choisi d’illustrer par une « manifestation aquatique » ce jeudi. Trois embarcations remplis de dizaines de militants ont ainsi parcouru une poignée de kilomètres sur le canal Bruxelles-Charleroi. Ils ont rejoint d’autres personnes restées à quai et, ensemble, ont dispersé 60 gilets de sauvetage en hommage aux 60 personnes migrant.e.s décédées le 10 mai dernier lors d’un naufrage. L’action menée jeudi matin par Amnesty s’inscrit dans leur campagne #JeSuisHumain-e dont le but est « d’améliorer la perception des migrant.e.s et des réfugié.e.s par le public et d’améliorer leur intégration« .

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Interpeller le gouvernement

En 2018, 2.260 migrants ont perdu la vie en Méditerranée. Un taux de mortalité en légère hausse par rapport à l’année précédente pour celle qui est devenue la voie maritime la plus meurtrière du monde. Depuis le début de l’année, ils sont plus de 300 à avoir péri. Des chiffres macabres qui ont été rappelé ce jeudi matin.

Pour éviter qu’ils continuent à gonfler, Amnesty demande au gouvernement belge d’agir et de prendre des mesures fortes. « Notre pays a un rôle particulièrement important à jouer », expliquait Philippe Hensmans. « Nous saluons le fait que la Belgique participe au programme de réinstallation depuis plusieurs années, mais nous l’encourageons à poursuivre. »

Amnesty demande des garanties concernant le respect des droits humains des migrant.e.s ainsi que la libération toutes celles et ceux « en détention arbitraire, dont plus de 3.000 sont emprisonné.e.s dans la zone de Tripoli« . L’ONG souhaite aussi que les États membres de l’UE s’engagent à accueillir davantage de réfugié.e.s.

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