Comment la Belgique peut-elle atteindre ses objectifs climatiques?

La Belgique est loin de parvenir ses objectifs écologiques fixés à 2030. Le groupe de consultance, Boston Consulting Group, reste relativement optimiste et lance des pistes pour y arriver.

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En mars dernier déjà, la Commission européenne pointait le manque de résultat belge en termes de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. Mardi 18 juin, la Commission enfonçait le clou et rappelait que la Belgique manquait d’ambition et que les objectifs fixés à échelle européenne à l’horizon 2030 auraient du mal à être atteints si notre pays n’opérait pas des changements drastiques. Dans le cadre de l’accord de Paris, les 28 États membres se sont engagés, entre autres, à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’environ 40%. Notre pays reste largement en-deçà de ce seuil et culmine à un triste 12%.

Un rapport rédigé par le Boston Consulting Group (BCG) et commandité par la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), fait le point sur ce qu’il est encore possible de faire pour s’approcher le plus possible des objectifs fixés en une dizaine d’années. Sans surprise, il faudra passer par une politique avec une vision sur du long terme et des investissements considérables. Vu l’état actuel de notre gouvernement et la difficulté de composer le prochain, c’est mal (très mal) parti. Et quand on ne se rappelle du chahut autour de la loi climat, on n’est pas forcément confiant. Mais restons optimistes, rien n’est infaisable à ce stade.

Réduction de gaz à effet de serre

À l’origine, l’objectif belge est de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre de 35% par rapport à 2005 d’ici 2030. Le tout, dans les secteurs non ETS, c’est-à-dire les bâtiments, les transports ou encore les déchets. Selon le Boston Consulting Group, les efforts fournis jusqu’à présent sont maigres et la Belgique devrait encore opérer une réduction de 24 millions de tonnes de CO2. Le groupe de consultance estime qu’il est possible que notre pays atteigne ce seuil et aille même jusqu’à réduire ses émissions de CO2 de 36 millions de tonnes. Si rien ne change, nous atteindrons une diminution de 12 millions de tonnes. Mais avec « des leviers incertains et des investissements considérables » le BCG table sur un résultat ambitieux.

Pour y parvenir, le groupe préconise une utilisation accrue de la biomasse et du gaz naturel mais aussi le stockage et le recyclage du CO2. Sans surprise, il fait aussi mention d’une transition plus rapide des véhicules et du passage à l’électrique et à l’hybride. Aussi, pour atteindre ces objectifs, la Belgique devrait rénover 110.000 logements par an afin de les rendre plus verts. « Cette stratégie de réduction accélérée serait positive pour le pays alors qu’elle conférerait des avantages économiques et de compétitivité« , détaillait le BCG tout en rappelant une énième fois que le temps presse et qu’il faut agir rapidement.

Toutes ces transitions, si on veut qu’elles aient lieu, ont un coût. Le groupe de consultance table sur environ 1% du PIB belge à investir. Ce qui représente entre 25 et 35 milliards sur les dix prochaines années.

D’ici à janvier 2020, la Belgique devra remettre « sa stratégie nationale à long terme« , rappelle l’Écho. Plus d’efforts, plus de collaboration, plus d’investissements, plus d’ambition.

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