Oui, afficher son soutien au Soudan sur Instagram sert à quelque chose

On ne dit pas que ça va résoudre le conflit ni sauver la population en détresse, mais les milliers de personnes qui affichent leur soutien sur les réseaux sociaux ne le font pas vainement.

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Que ce soit le drapeau français après les attentats de Paris ou celui de la Belgique après le 22 mars. Ou encore le logo « Not in my name » contre l’enfermement des enfants au 127bis et celui « Claim the climate » avant la marche pour le climat du 2 décembre : afficher son soutien sur les réseaux sociaux pour une cause n’est pas purement symbolique. Bien qu’il y a de ça aussi évidemment.

Depuis presque une semaine, des milliers d’internautes (célébrités, mais pas que) ont troqué leur photo de profil contre un fond bleu accompagné du #BlueforSudan. Tous souhaitent mettre en avant leur solidarité avec le Soudan où des centaines de personnes ont perdu la vie le 3 juin dernier. Principalement pour avoir manifesté pacifiquement pour un futur démocratique.

Devoir d’information

Oui ce soutien international a son intérêt. D’abord parce qu’il a eu le mérite d’informer et de faire le travail que les médias avaient trop peu fait précédemment que ce soit à cause du fameux argument du mort au kilomètre ou peut-être par léger manque d’intérêt. En choisissant de changer leur photo de profil contre un fond bleu, les internautes ont attiré l’attention et sensibilisé à une situation catastrophique. Il n’y a qu’à voir les dizaines d’articles aux quatre coins du monde qui fleurissent sur le web depuis vendredi pour expliquer ce que signifie ces ronds bleutés. Effet boule de neige : en expliquant la solidarité des réseaux sociaux, les médias parlent du Soudan et en voulant comprendre ce qu’il se passe, de plus en plus de citoyens se retrouvent informés sur la situation d’un pays qu’ils ne connaissaient pas forcément.

Et c’est d’autant plus vrai chez la plus jeune génération qui utilise les réseaux sociaux pour rester informés de l’actualité. Plus que jamais Instagram est devenu un moyen de consommer de l’information. Et ils sont d’ailleurs plusieurs à reconnaître l’efficacité du mouvement :

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Aussi, depuis plusieurs jours, les Soudanais·e·s n’ont plus le droit d’utiliser internet, les réseaux sociaux ou toute autre forme de communication avec l’extérieur du pays. Pourtant, la population du pays est très jeune (17-24 ans) et les réseaux sociaux restent son principal canal de communication. Coupés du monde, les manifestants ne peuvent pas eux-mêmes témoigner de la situation sur place. Et pour la population soudanaise basée dans d’autres pays (parce qu’elle a fui il y a une ou plusieurs générations), le soutien international diffusé sur les réseaux sociaux fait acte de réconfort et donne le sentiment d’être enfin écouté tout en rendant une forme d’hommage à tous ceux qui ont perdu la vie.

Aider concrètement

Et puis cette prise de conscience et cette solidarité naissantes ont aussi permis de remplir considérablement les cagnottes lancées depuis plusieurs mois déjà. L’idée étant de récolter des fonds pour venir en aide aux populations locales et pallier leur manque d’accès aux soins médicaux, aux infrastructures et à la nourriture (l’une des raisons principales de ces manifestations est l’inflation du pain qui était telle que la population ne pouvait plus se payer de quoi manger). Lancée en Angleterre, la campagne a déjà pu récolter plus de 300.000 euros.

Partout dans le monde, des manifestations de soutien ont lieu. À Bruxelles, une marche partira de la Gare centrale ce samedi 22 juin. Les participants défileront tout de blanc vêtus jusqu’au pied du Parlement européen. Sur l’évènement Facebook, des dizaines de personnes ont déjà confirmé qu’elles seraient présentes. 

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