La photo virale qui montre la gravité de la fonte des glaces

Des chiens de traîneau qui pataugent dans l'eau au lieu de courir dans la neige et sur la glace, les traîneaux eux-mêmes qui ressemblent plutôt à des petites barques... Oui, cette photo a bien été prise au Groenland.

Crédit photo: @SteffenMalskaer @dmidk

Selon le fameux dicton, on dit qu’une image vaut mille mots. Le climatologue danois Steffen M. Olsen l’a capturé le 13 juin lors d’une mission de routine, dans le nord-ouest du Groenland. Une photo qui a fait le tour du monde.

Le scientifique était chargé de récupérer les instruments de mesure installés sur la glace pour la mission « Blue Action » dans le fjord Inglefield. Mais en partant avec son traîneau tiré par des chiens, il s’est aperçu que la banquise était cachée sous un large lac peu profond. La glace en surface du fjord (qui s’étend sur une centaine de kilomètres) avait fondu de manière spectaculaire. Selon lui, il y avait par endroits 40 à 50 centimètres d’eau au-dessus de la calotte qui est plus froide et très épaisse. Incroyable…

On comprend mieux quand on sait que le 13 juin, les scientifiques ont enregistré une fonte colossale de deux milliards de tonnes de glace en l’espace de 24 heures (!) au Groenland (ce qui équivaut à 2 km3 réduits petit à petit en eau). La veille, 712.000 km2 de la surface du Groenland avaient fondu, soit plus de 470.000 km2 de plus qu’à la même date en 2018. Ce chiffre était également supérieur de 600.000 km2 à la moyenne 2010. Cette fonte record et précoce de la calotte glaciaire qui recouvre une grande partie de la grande île de l’Arctique s’explique par des températures anormalement élevées ces derniers jours.  

L’Institut météorologique danois (le Groenland dépend du Danemark, NDLR) a annoncé le mois dernier que la saison de fonte avait débuté près d’un mois plus tôt que prévu et la deuxième plus ancienne enregistrée depuis 1980. « Cela a déclenché une fonte généralisée qui a atteint environ 45 % de la calotte glaciaire« , a notamment expliqué à Euronews Marco Tedesco, chercheur à l’Université de Columbia à New York.

De nombreuses régions du monde ont connu des phénomènes météorologiques extrêmes liés au changement climatique, tels que les vagues de chaleur qui frappent actuellement l’Inde ou la Namibie, les inondations en Chine et les violents orages de l’Europe ces derniers jours.

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