Les jeunes sont accros aux jeux vidéos

Les jeunes passent en moyenne 11 heures par semaine à jouer sur un écran. Et 6 jeunes sur 10 souffrent de problèmes physiques à cause du gaming selon une étude qui incite les parents à se montrer vigilants.

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Les chiffres sont alarmants sans être surprenants. Les enfants et les ados pratiquent intensivement le « gaming ». Les garçons plus encore que les filles, même si ces dernières sont de plus en plus nombreuses à s’y mettre aussi. Une enquête menée auprès 976 jeunes âgés entre 12 et 23 ans pour le compte des Mutualités Libres évalue à 11 heures par semaine le temps que ces jeunes consacrent aux jeux vidéo : sur leur smartphone, tablette, console, PC. 29% des garçons jouent même plus de 15 heures par semaine contre 7% des filles. Les filles passent beaucoup de temps sur écran aussi mais elles utilisent davantage les réseaux sociaux comme Instagram, WhatsApp, Messenger et Snapchat.

Un peu plus de 6 jeunes sur 10 avoue avoir déjà éprouvé une forme de douleur physique résultant du gaming : aux yeux (28%), au cou (23%), à la tête (22%), au pouce (16%) ou au bras (12%). Par ailleurs, plus de la moitié des jeunes s’est déjà senti dans un état émotionnellement négatif suite au gaming : épuisement, culpabilité, isolement.

Pas de panique

« Cette étude remet en perspective à quel point le jeu vidéo est central dans les loisirs des jeunes. Il ne faut pas paniquer pour autant du côté des parents », explique Yves Collard, formateur en éducation aux médias et professeur invité à l’IHECS. Le jeu vidéo commence dès 6 ou 7 ans et connaît un premier pic vers 10, 11 ans. « Il est nécessaire d’accompagner cette pratique mais le jeu et l’accès à la fiction sont deux dimensions importantes. Il ne faut donc pas les supprimer. C’est une source de plaisir. Chez les plus petits, cela favorise un comportement d’hyper attention.« 

Globalement, on mobilise des stratégies et on apprend des méthodes. Mais le jeu sert avant tout à jouer. Il ne s’agit pas de présupposer une addiction liée à ces jeux sur écran. « Il faut distinguer une drogue d’une activité chronophage. Il n’y a pas ici de substance hallucinogène ni de sevrage physique. Arrêter les jeux vidéos peut tout au plus provoquer du déplaisir ».

Ne pas mépriser

« Ce qui est important, c’est d’en discuter avec l’enfant, de montrer qu’on ne méprise pas son activité », conseille Yves Collard qui propose d’appliquer la règle des 3 « A » : autorégulation (développer des rituels comme des jours où on ne joue pas) ; alternance (proposer d’autres jeux et activités que le jeu vidéo) ; accompagnement. L’expert suggère d’en faire un sujet de conversation autour d’une table avec cinq types de questions possibles:

1. Quelles émotions as-tu ressenties en jouant ?

2. As-tu aimé ou pas jouer ?

3. Est-ce que tu joues seul ou en ligne ?

4. Est-ce que tu as envie de partager le jeu en ligne ?

5. Est-ce que tu penses faire un métier de ces jeux ?

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