Parité hommes-femmes: où en sommes-nous en Belgique et ailleurs ?

L'égalité des sexes ce n'est pas gagné. Dans certains pays plus que dans d'autres, certes. Mais, même chez nous, la parité n'est pas encore assurée.

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L’objectif avait été fixé par l’ONU. D’ici 2030, les Nations Unies souhaitaient un monde où les hommes et les femmes seraient le plus égaux possibles. À une dizaine d’années de l’échéance, l’ONG Equal Measures 2030 révèle que la plupart des pays sont loin du compte et qu’il semble impossible d’atteindre cet objectif. Pire, aucun pays des 129 analysés – où vivent 95% des femmes et des filles du monde– ne fait état actuellement d’un niveau satisfaisant. Pourtant, l’unanimité des États membres de l’ONU s’étaient mis d’accord en 2015 sur 17 objectifs de développement durable à atteindre dans plusieurs domaines, l’égalité hommes-femmes compris.

« À seulement 11 ans de sa cible, notre indice révèle qu’aucun des 129 pays étudiés n’a transformé ses lois, ses politiques ou ses décisions budgétaires publiques à l’échelle requise pour atteindre l’égalité des genres d’ici 2030« , peut-on lire dans le communiqué de la directrice de l’ONG, Alison Holder. Pour poser un tel constat, Equal Measures a scanné une cinquantaine d’indicateurs tels que la santé, l’éducation ou l’accès aux technologies.

Il en ressort également que près de 40% des femmes et des filles dans le monde, soit 1,4 milliard d’entre elles, vivent dans des pays où l’égalité des sexes n’est pas respectée. Un pourcentage similaire vit dans des pays où elle l’est à peine. Selon l’ONG, même les pays bien classés, comme la Belgique, ont encore beaucoup à faire « notamment sur des questions complexes telles que la budgétisation sensible au genre, la représentation égale aux postes importants, les écarts de rémunération ou les violences sexistes« .

Bons et mauvais élèves

Sans surprise, les pays au nord de l’Europe obtiennent les meilleurs résultats selon l’ONG. Danemark, Finlande, Suède, Norvège et Pays-Bas figurent en tête des pays les plus paritaires. La Belgique obtient un score relativement bon et se hisse en 15e place du classement avec un total de 83,3%. Au niveau des mauvais élèves, on trouve plusieurs pays d’Afrique comme le Niger, le Congo, la RDC ou le Tchad qui font face « à des conflits et des situations précaires dans les dernières années« .

En Union européenne, si les résultats sont globalement bons, il reste malgré tout encore des progrès à faire. Mais il faut tout de même reconnaître que tant à échelle nationale qu’européenne, de nombreuses avancées ont lieu chaque année. Pas plus tard que le 16 mai dernier, le Conseil de l’Europe adoptait une nouvelle recommandation visant à mettre fin au sexisme. Pour la première fois, un instrument juridique inclut une définition du sexisme reconnue à l’échelle internationale.

Et chez nous ?

Notre gouvernement fédéral sortant a également publié un rapport de fin de législature qui met en évidence les avancées en termes d’intégration de la dimension de genre. En Belgique, certaines avancées doivent encore avoir lieu. Notamment en ce qui concerne les discriminations. En 2018, les signalements pour discrimination étaient à nouveau en hausse, comme l’explique l’Institut pour l’égalité des femmes et des gommes (deux fois plus en cinq ans). Une augmentation qui peut être vue d’un bon œil puisqu’elle peut, en partie, s’expliquer par le fait que les femmes osent davantage les pointer du doigt.

Depuis le 22 mai 2014, une loi anti-sexisme est entrée en vigueur chez nous suite à un reportage, Femme de la rue, de Sofie Peeters. Ainsi, le harcèlement sexuel et de rue commis dans des lieux sont punissables. La loi stipule que « toute personne ayant une comportement ou un geste, en public ou en présence de témoins, visant à considérer une personne comme inférieure ou à la mépriser en raison de son sexe ou encore de la réduire à sa dimension sexuelle, peut être punie« .

L’Union européenne peut également encore largement progresser. Quelques exemples frappant : l’écart salarial entre les hommes et les femmes est toujours de 16,2% et l’UE consacre moins de 1% de son budget structurel et d’investissement à l’égalité entre les genres.

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