« Les mardis des blouses blanches », qu’est-ce que c’est?

Depuis plusieurs années, les infirmier.e.s tirent la sonnette d'alarme et exigent des conditions de travail plus décentes. Faute de changements, ils ont décidé d'intensifier leurs actions.

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Le ras-le-bol du personnel infirmier est loin d’être neuf. Surcharge massive de travail, heures supplémentaires, manque de moyens financiers, évolution technologique, les hôpitaux sont à bout de souffle. À partir de ce mardi, le personnel de santé entamera des actions hebdomadaires pour scander son épuisement. À la manière des « jeudi climat », les infirmier.e.s entendent bien rappeler que leurs conditions de travail ne sont plus acceptables et qu’ils exigent du changement. Le mouvement est soutenu par la CNE, centrale nationale des employés du syndicat chrétien, qui pointe du doigt la destruction des solutions de fin de carrière, la recherche importante de profit et la commercialisation de la santé. Les autres syndicats ont été invités à rejoindre le mouvement. La CNE dénonce aussi le fait « que les accords non-marchands, conclus entre les employeurs, le gouvernement et les syndicats il y a plus d’un an, n’ont toujours pas été traduits sur le terrain sur de nombreux points« .

Au niveau des actions, plusieurs membres du personnel d’hôpitaux bruxellois et wallons porteront un brassard noir ou des slogans barrés dans le dos. Ils comptent également observer un arrêt de travail et installer des banderoles dans les halls d’entrée de leur lieu de travail. Pour le moment, aucune manifestation en dehors des hôpitaux n’est prévue. D’autres établissement devraient emboîter le pas dans les prochaines semaines. En France aussi certaines actions sont en cours depuis plusieurs semaines pour dénoncer des conditions de travail similaires aux nôtres.

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Le soutien des patients

Certains secteurs des établissements sont plus astreignants que d’autres. Selon une étude menée en 2018 dans 16 hôpitaux de la Fédération Wallonie-Bruxelles, les infirmier.e.s qui travaillent aux soins intensifs subissent une charge de travail deux fois supérieure à la norme. Les tâches administratives qui leur sont imposées représentent également une charge de travail supplémentaire. « C’est un cercle vicieux« , explique Arnaud Bruynseel, l’un des auteurs de l’étude, à l’agence de presse Belga. « Cette charge de travail excessive est un facteur essentiel à la durée de carrière restreinte des infirmiers qui alimente la pénurie et le calvaire de la profession en Belgique.« 

Forcément, ce rythme de travail intensif et l’épuisement du corps professionnel se fait également ressentir du côté des patients qui voient leur séjour à l’hôpital de plus en plus réduit faute de place ou de moyens. Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes disent comprendre et soutenir la démarche des infirmier.e.s. Certains d’entre eux ont choisi de publier des témoignages qui illustrent le quotidien insoutenable des professionnels de la santé. Tous sont regroupés sous le #blousesblanches ou #lemardidesblousesblanches.

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