Donald Trump, très énervé dès son arrivée en Angleterre

Le président américain a attaqué le maire de Londres dans un tweet acerbe dès son atterrissage sur le sol anglais, le qualifiant de "loser".

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C’est une visite pour le moins tendue qui se déroule en ce moment sur le sol britannique. Le président américain, Donald Trump, a atterri ce matin à Londres pour une visite d’État de trois jours au Royaume-Uni, accompagné de son épouse Melania. Son arrivée fait une nouvelle fois s’ébrouer – de joie comme de rage – deux camps très distincts et souligne la fracture qui divise le peuple anglais. Dans le rang des opposants, on retrouve notamment le maire de Londres, Sadiq Khan. Ce dernier s’est insurgé de la venue du président des États-Unis dimanche dans une tribune explosive accordée à The Observer, dans laquelle il compare la manière de communiquer de Trump à celle des fascistes du 20ème siècle, listant les dernières actions en date de l’homme politique, sans citer son nom d’emblée.

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« Il menace de mettre un veto sur l’interdiction d’utiliser le viol comme arme de guerre. Il a défini une politique d’immigration qui sépare de force les jeunes enfants de leurs parents à la frontière. Il utilise délibérément la xénophobie, du racisme et de «l’altérité» en tant que tactique électorale. Il a introduit une interdiction de voyager dans un certain nombre de pays à prédominance musulmane. Il a délibérément menti à plusieurs reprises au public. » Il continue, expliquant qu’il ne cite pas des actions des dictateurs Européens des années 30 et 40. Ni de la junte militaire des années 70 et 80. Mais bien du leader des États-Unis.

« Le président Donald Trump n’est que l’un des exemples les plus flagrants d’une menace mondiale croissante. L’extrême droite est en hausse dans le monde entier, menaçant nos droits et libertés durement gagnés et les valeurs qui définissent nos sociétés libérales et démocratiques depuis plus de 70 ans. » Des critiques qui ont fait rugir le président américain, puisque ce dernier, fidèle à son habitude, a réagi d’un tweet acéré dès son atterrissage sur le sol anglais. « Sadiq Khan, qui soit dit en passant, fait franchement un mauvais job en tant que maire de Londres, a dit des choses très méchantes à propos de la visite du président des États-Unis en Angleterre, alors que nous sommes de loin le plus important allié du Royaume-Uni. C’est un perdant qui ferait mieux de se concentrer sur le crime à Londres que sur moi. »

Il a également profité de ce message pour tacler le maire de New York, le démocrate Bill De Blasio « Kahn me rappelle beaucoup notre stupide et incompétent maire de New York, qui a également fait un travail épouvantable: à peine la moitié de sa taille. Quoi qu’il en soit, j’ai hâte de prouver que je suis un grand ami du Royaume-Uni et j’attends avec impatience ma visite. Atterrissage imminent ! » Des milliers de manifestants devraient se rassembler aujourd’hui en Angleterre pour protester contre la venue de l’homme politique, comme cela avait déjà été le cas lors de sa précédente visite d’État.

Trump, qui va participer aux cérémonies de commémorations du 75ème anniversaire du débarquement allié en Normandie, a comme d’habitude commenté la vie politique britannique sans prendre de pincettes, prônant la rupture radicale avec l’Union européenne, le fameux « No Deal ». C’est ce qu’il a déclaré dans un entretien au Sunday Times, critiquant la manière dont Theresa May avait mené les négociations avec Bruxelles. Il recommande un départ sans accord et il conseille également aux Britannique de ne pas payer la facture du Brexit, estimée à 45 milliards d’euros « Si j’étais eux, je ne paierais pas 50 milliards de dollars. C’est une somme énorme. » Par ailleurs, le président américain a estimé que Londres avait commis une « erreur » en n’impliquant pas Nigel Farage, leader du Parti du Brexit, arrivé en tête des élections européennes, dans les négociations avec Bruxelles. Malgré ces déclarations, il devrait rencontrer Theresa May ce 4 juin, qui a promis de démissionner le 7 juin.

Donald Trump sera également accueilli par la famille royale, dont la reine Elizabeth II, qui a rencontré avant lui les douze précédents chefs d’États américains (à l’exception de Lyndon B. Johnson). Harry, Kate et William seront présents, ce malgré quelques tweets pour le moins polémiques à l’encontre de Kate publiés en 2012. Seule Meghan Markle fera l’impasse sur cette rencontre présidentielle, officiellement pour cause de congé de maternité. On la sait très réfractaire à la politique de Donald Trump. Elle l’avait précédemment qualifié de « misogyne » et avait appelé les électeurs à voter pour Hilary Clinton en mai 2016 « Vous ne votez pas seulement pour une femme si vous votez pour Hillary Clinton parce qu’elle est une femme, mais surtout parce que vous ne voulez vraiment pas du genre de monde dépeint par Trump. »

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