Derby londonien pour un titre européen: les enjeux de la finale de l’Europa League

Première finale européenne 100% anglaise ce soir à Bakou (Azerbaïdjan). Un duel indécis entre Arsenal et Chelsea, dans lequel Eden Hazard possède les clés de la victoire. Mais les Gunners sont on fire… 

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La finale de la C3 – « petite sœur » de la Champions League – pouvait difficilement être plus relevée. Elle coule même de source quand on voit les noyaux et les budgets des clubs anglais engagés ce soir. Si le parcours d’Arsenal dans la compétition a une certaine gueule (les Gunners se sont débarrassés successivement du Bate Borisov, de Rennes, Naples et Valence), les coéquipiers d’Eden Hazard – qui vient d’être élu « Joueur de l’année » en Angleterre par les supporters – ont profité du totem de l’immunité jusqu’à cette finale. Les Blues n’ont rencontré que des formations de secondes zones (Malmö, Dynamo Kiev, Slavia Prague et la surprenante équipe de Francfort qui leur a opposé une farouche résistance en demi-finale jusqu’aux tirs au but).

On peut regretter l’omniprésence d’un pays en finale de Coupe d’Europe, mais on se consolera en se rappelant que ces derbys londoniens donnent régulièrement lieu à des duels spectaculaires. Le Diable Rouge Christian Kabasele, lui aussi joueur d’une équipe de la capitale anglaise (Watford) s’attend a « une belle finale entre deux équipes qui se détestent » ce soir au Stade Olympique de Bakou en Azerbaïdjan (photo). Ça promet !

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« L’arsenalisation » de Chelsea

Si les Blues ont terminé devant leur voisin au classement final de Premier League – respectivement 3ème et 5ème avec 72 et 70 points (très loin derrière les 98 et 97 points du duo de tête Manchester City et Liverpool) – le match de ce soir s’apparente à un vrai 50/50. Dégager un favori pour cette fnale est impossible, tant les deux équipes se valent. Cela ne plaira certainement pas aux fans des Gunners (ni à ceux des Blues d’ailleurs), mais sous la patte de l’entraîneur italien Maurizio Sarri, Chelsea a entamé une mue de son style de jeu cette saison rappelle celui qui fait la fabrique d’Arsenal depuis des années. Pour le meilleur et pour le pire.

Régulièrement taxé d’opportunistes se regroupant en défense et jouant la contre-attaque sous le joug de José Mourinho et le règne d’Antonio Conte, Chelsea est passé à un jeu basé sur la possession de balle fait de petites passes et de changements d’ailes brutales via de longues transversales qui renversent l’équilibre du jeu tout en gardant sa capacité à se projeter en contre. Un jeu plus chatoyant qui nuit à sa discipline défensive, et dont la domination est parfois stérile (surtout contre les équipes plus faibles). Résultat, Chelsea est devenu inconstant, enchaînant prestations encourageantes et résultats décevants… C’est le quotidien que vivent les supporters d’Arsenal depuis une décennie. Malgré trois FA Cup soulevées sur les cinq dernières années (2014, 2015, 2017), les Gunners attendent un sacre national depuis 2004… et un titre européen depuis 1970 (Coupe des villes de foires, compétition aujourd’hui disparue).

La rage des Gunners

Il y a toujours un vainqueur et un vaincu dans une finale, mais Arsenal a peut-être plus à perdre que Chelsea. Une victoire ce soir est la dernière chance pour les Gunners de se qualifier pour la Champions League la saison prochaine. Les Blues, eux, ont déjà la garantie d’y participer et pourront entamer la rencontre l’esprit relaxe, contrairement à leurs voisins à qui il reviendra peut-être d’emballer le match. Ça tombe bien, ce n’est pas le genre du club du Nord de Londres d’attendre sagement dans son camp une ouverture.

Arsenal est bâti pour l’attaque et devant, les artificiers Pierre-Emerick Aubameyang et Alexandre Lacazette (photo) sont en feu dans cette Europa League avec respectivement 8 et 5 buts inscrits. Les hommes du coach espagnol Unai Emery – qui a remplacé le légendaire Arsène Wenger – seront en outre surmotivés de faire honneur à leur coéquipier Henrik Mkhitaryan, absent du voyage à Bakou pour de regrettables raisons extra-sportives. Une absence de taille pour Arsenal, mais les Blues aussi seront déforcés. Maurizio Sarri devra déjà composer sans l’Allemand Antonio Rüdiger en défense et le talentueux jeune Anglais Ruben Loftus-Cheek (auteur d’une impressionnante fin de saison) au milieu de terrain. Pire : le champion du monde français Ngolo Kanté, véritable métronome du club londonien, est incertain…

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Les clés de la victoire

Trois duels à distance décideront du sort du match ce soir. Nos voisins français scruteront attentivement les performances d’Olivier Giroud et d’Alexandre Lacazette. Les deux hommes sont en compétition pour une place de titulaire en attaque de l’équipe de France. Le joueur de Chelsea, incapable de scorer une seule fois lors de la dernière Coupe du Monde et remplaçant en championnat, a déjà inscrit 10 buts dans cette Europa League. Il ne lui manque plus qu’une rose pour trôner seul en tête du classement des buteurs (actuellement ex-aequo avec l’attaquant de Francfort Luca Jovic).

Face à eux dans les buts se dressent le talentueux mais impétueux Kepa Arrizabalaga, keeper le plus cher du monde (transféré à Chelsea pour 80 millions d’euros l’an dernier), et l’expérimenté gardien casqué Petr Cech dont ce sera le dernier match de footballeur professionnel. Le Tchèque pourrait faire son retour comme cadre l’an prochain à… Chelsea, où il a conservé son statut de légende (avant d’être remplacé par Thibault Courtois). Il ne fera toutefois pas de cadeau à son ancien club. Et l’opposition avec le jeune espagnol, décisif en demi-finale avec deux tirs aux buts arrêtés, vaudra le détour.

Souvent performant face à Arsenal, notre Eden Hazard national est bien évidemment impliqué. Peu utilisé dans la compétition cette année et blessé en 2013 lors de la dernière victoire des Blues face à Benfica, le Diable Rouge est décidé à marquer (au propre comme au figuré) la rencontre de son empreinte et laisser un souvenir impérissable dans le cœur de ses supporters avant son probable départ pour le Real Madrid. De l’autre côté du terrain, l’ancien madrilène et champion du monde allemand Mezut Özil, chef d’orchestre jouant parfois sur un mode mineur mais capable de renverser le tempo d’un match à chaque passe, a une chance décisive de prouver ce soir qu’il mérite sa place dans la cour des plus grands (et de justifier son salaire mirobolant).

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