L’écrivain belge François Weyergans est mort

Prix Renaudot, prix Goncourt, ami de Maurice Béjart et de Jean-Luc Delarue, l'auteur qui taquinait Paris de son sourire attendrissant avait 77 ans.

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Il était gentil et volubile. Il parlait comme s’il allait rater son bus. Un peu vite, mais toujours juste. Un peu comme Françoise Sagan, mais avec la tête de Jean-Luc Godard… François Weyergans avait disparu des écrans ces dernières années. Il n’avait plus rien publié depuis très longtemps, ce qui n’était pas spécialement alarmant – sa grande spécialité étant de promettre à ses éditeurs les manuscrits de romans qu’il mettait des années à livrer. Certains attendent toujours le livre qu’il leur a promis… 

Né à Bruxelles en 1941, parti à Paris, il se distingue d’abord par son travail de critique de cinéma et par une série de films dont le premier sur Maurice Béjart, chorégraphe pas très connu à l’époque (en 1961), avec qui il entretiendra une longue amitié. En 1973, il publie son premier troman – Le pitre – qui décroche le prestigieux prix Roger Nimier. Mais des prix, il en aura d’autres et des plus courtisés encore – le Renaudot en 1992 pour La démence du boxeur et le Goncourt en 2005 pour Trois jours chez ma mère.

Un style percutant, une certaine élégance, et une envie de travailler la langue au corps qui le conduiront, lui, le romancier toujours à la bourre, homme taquin et léger, sous la coupole de l’Académie française où il est élu en 2009. Fantasque, lunaire, amoureux de l’amour et fou des femmes, François Weyergans était insaisissable, jamais là où il devait être et toujours là où on ne l’attendait pas. Ami inattendu de Jean-Luc Delarue, il avait développé une étrange relation avec l’animateur alors à la dérive. À partir de 2009, ensemble, ils parlaient beaucoup, et Weyergans avait l’intention d’écrire un livre sur base de leurs conversations – livre qui, bien sûr, ne verra jamais le jour… 

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