Les 4 courses qui ont forgé la légende de Niki Lauda

Triple Champion du monde de Formule 1, l'Autrichien est décédé ce lundi à l'âge de 70 ans. Le miraculé de Nürburgring laisse derrière lui une image de gladiateur qui a marqué à jamais l'histoire de son sport. La preuve par quatre.

Belga Images

Par Guillaume Alvarez, avec Martin Monserez

Grand Prix d’Allemagne, 1976 (Nürburgring)

Le tournant d’une carrière entamée en 1968. En lutte pour le titre mondial de F1 face au Britannique James Hunt sur McLaren-Ford, Niki Lauda perd le contrôle de sa Ferrari 312 T dans un virage du célèbre et dangereux circuit de Nürburgring. Sous la violence du choc, il perd son casque et la monoplace s’embrase au contact du rail avant d’être percutée par un autre pilote, Brett Lunger. Les flammes commencent à dévorer le visage de Lauda alors qu’il gît inconscient dans son cockpit. Quatre autres pilotes (Harald Ertl, Brett Lunger, Arturo Merzario, Guy Edwards) le sortent du brasier au péril de leur vie.

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Brûlé au 2ème et 3ème degrés, Lauda est emmené à l’hôpital en ambulance alors qu’un prêtre lui administre l’extrême-onction sur le trajet ! Il est pris en charge, opéré et survit avant d’entamer une rééducation… Après seulement 6 semaines et 2 courses manquées, il prend à la stupéfaction générale le départ du Grand Prix d’Italie de Monza malgré sa souffrance, le visage encore partiellement bandé pour ses brûlures encore vives. Malgré la douleur, il termine 4ème de la course et se relance au championnat.

Grand Prix du Japon, 1976 (Mont Fuji)

Épilogue de la saison : le Grand Prix se dispute sous une pluie battante et dans des conditions que Lauda juge beaucoup trop dangereuses. Il prend le départ mais, grand seigneur, rentre au stand et abandonne volontairement après deux tours, ne voulant pas prendre de tels risques. Le titre mondial revient finalement au Britannique James Hunt. Cet affrontement épique, révélateur du caractère hors-norme de l’Autrichien, a été raconté en 2013 dans le film Rush (réalisé par Ron Howard, avec Chris Hemsworth et Daniel Brühl dans le rôle de Lauda).

Grand Prix des USA Ouest, 1983 (Long Beach)

Après avoir glané son deuxième titre mondial un an plus tard avec Ferrari en 1977, Lauda passe chez Brabham en 78-79. Il prend une première retraite avant la fin de la saison (essais du GP du Canada), se déclarant lassé de “tourner en rond”. En 1983, il revient chez McLaren-TAG Porsche avec le Britannique John Watson comme équipier. Lors du GP des USA Ouest (deux courses Ouest-Est à l’époque) à Long Beach, les McLaren s’élancent sur la grille en 22ème (Watson) et 23ème (Lauda) positions mais gagnent la course dans cet ordre à la surprise générale ! À ce jour, McLaren détient toujours le record du double signé après être remonté le plus loin sur la grille.

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Grand Prix du Portugal, 1984 (Estoril)

Lauda termine ce jour-là 2ème du GP du Portugal derrière son équipier Alain Prost, qui l’a rejoint cette année-là. Plus jeune, plus rapide, Prost domine Lauda qui use de toute sa science de la course (on le surnommait “L’ordinateur” pour son approche méthodique à l’extrême) pour marquer les points nécessaires tout au long de l’année. À Estoril, il n’est que 11ème sur la grille mais remonte tous ses adversaires jusqu’à la 2ème marche du podium (devant le jeune Ayrton Senna), suffisant pour coiffer Prost au championnat pour… un demi point ! Un écart – le plus infime de l’histoire de la F1 – dû au fait que Prost n’avait obtenu que la moitié des points lors de sa victoire au GP de Monaco, stoppé avant mi-distance pour conditions jugées trop dangereuses. Ce sera l’ultime titre mondial de Niki Lauda.

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