Le marché vert: une solution pour sauver la planète?

C’est officiel: les Pays-Bas vont lever leur premier emprunt vert et deviennent ainsi le premier pays doté de la meilleure note des agences de notation (AAA) à faire son entrée sur le marché vert. Quel est ce marché parallèle à tendance écologique et qui s’y trouve ? Explications.

nathan-rodriguez-1214930-unsplash

Entre 4 et 6 milliards d’euros d’ici juillet 2040. Voilà la somme que compte lever notre voisin du Nord en se lançant sur le marché de la dette verte, l’un des outils de financement en vogue pour lutter contre le réchauffement climatique. Le principe ? Souscrire à des obligations « vertes », aussi dites « green bonds ». À l’inverse des obligations classiques, les sommes récoltées servent à financer des projets ou des initiatives écologiques comme des investissements dans les énergies renouvelable, la gestion des déchets, les moyens de transport durables, etc. Depuis quelques années, ce marché est en plein boom (+18% par rapport à 2017), tandis que les obligations non-environnementales ont reculé de 10% en 2018.

La Hollande est le cinquième pays européen à se lancer sur le marché de la dette verte après la Pologne, la France, l’Irlande… et la Belgique. En février 2018, notre pays plaçait sa première obligation verte lui permettant de lever 4,5 milliards d’euros, devenant ainsi le deuxième pays de la zone euro à émettre un « green bond ».

« Des exigences strictes »

La première obligation verte néerlandaise permettra de financer des projets bien précis comme le renforcement des travaux de protection contre les inondations maritimes et fluviales, la surveillance et la gestion du niveau des eaux, le financement de projets dans les énergies renouvelables, l’isolation des habitations et l’amélioration du réseau ferroviaire. « Nous voyons cette émission d’obligations vertes d’un très bon œil, notamment parce qu’il s’agit de la toute première obligation d’État verte et liquide dont les exigences sont aussi strictes », a déclaré Bram Bos, gérant obligations vertes chez NN IP.

Opération greenwashing?

Si tout ça semble très joli sur papier, certains experts restent prudents sur l’aspect « vert » de ces levées de fonds. Comme l’écrivait Valéry Paternotte du réseau Financité lors de l’émission de la première obligation verte belge, « comment mettre tout le monde d’accord sur le caractère “vert” d’un projet de tunnel routier, de nature à attirer davantage d’automobilistes, mais aussi de réduire les encombrements de surface (où l’on pourrait même créer un piétonnier et des pistes cyclables)? »

Le marché manquerait donc pour le moment d’une délimitation claire entre un projet finançable par ces obligations écolos et l’un non. Conscients de cette lacune, les investisseurs exigeraient « davantage de garanties quant à l’objectif environnemental et sociétal réel des obligations vertes », d’après le site spécialisé OBLIS. Pour s’assurer que le projet n’est pas une simple opération de greenwashing, les entreprises feraient de plus en plus souvent appel à « des agences de certification indépendantes », précise le site.

Comme la Belgique, les Pays-Bas sont un pays côtier et donc vulnérable aux bouleversements climatiques: environ un tiers du pays se trouve sous le niveau de la mer. Une motivation suffisante pour s’engager dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Sur le même sujet
Plus d'actualité